Ces dernières années, de nombreuses initiatives politiques voient le jour dans plusieurs pays d’Europe, dans le but de réduire l’utilisation des pesticides : IPM en Belgique, le plan Ecophyto et l’agroécologie en France, etc. Les agriculteurs sont de plus en plus confrontés aux réglementations et aux exigences toujours plus strictes dans ce domaine. A contrario, les alternatives naturelles restent encore peu développées et les solutions actuelles existantes, peu concluantes sur des applications au champ.

C’est dans ce contexte qu’a été lancé, en octobre 2016, le projet transfrontalier Smartbiocontrol. Ce dernier a pour objectif, le développement et l’application de nouveaux produits de biocontrôle dans le but de limiter, voire de proscrire l’utilisation de pesticides. À ce titre, un large panel d’experts (centres de recherche, universités, sociétés, fédérations régionales, associations d’agriculteurs) s’est constitué au travers d’un portefeuille de projets, dans le but d’amener de nouveaux produits bio-sourcés sur le marché.

Smartbiocontrol est la suite du projet Interreg IV Phytobio, projet qui a permis de mettre en évidence une nouvelle famille de composés naturels avec une activité antifongique : les lipopeptides. Ces « biopesticides », produits par des bactéries sont efficaces, entre autres, contre le mildiou de la laitue, la fusariose du poireau, la septoriose du blé ou le botrytis sur le raisin.

Une approche « intégrée »

Smartbiocontrol s’articule sur un projet pilote et cinq projets constitutifs bien distincts mais fortement interconnectés :

  • Bioscreen : pour sélectionner de nouveaux ingrédients bio-sourcés en développant une plateforme de screening à haut débit de nouveaux produits de biocontrôle.
  • Bioprod : pour développer leur production à l’échelle industrielle (optimiser les procédés de production, développer la formulation et étudier la biodégradabilité des composés actifs).
  • Bioprotect : pour évaluer leur efficacité en conditions agronomiques (tester les différents produits disponibles ou en développement sur un grand nombre de pathosystèmes en serre et aux champs).
  • Biosens : pour assurer leur suivi aux champs (développer de nouveaux capteurs pour détecter les agents de biocontrôle et les agents pathogènes aux champs).
  • Biocomgest : pour assurer la coordination et la communication de l’ensemble du portefeuille.

Les projets constitutifs font tous intervenir au moins un représentant de chaque versant, dans le but de tester le potentiel agronomique des produits de biocontrôle dans chaque partie géographique (ayant chacune ses sensibilités et spécificités), mais également sur des plantes d’intérêt pour toutes les régions concernées.

M.S.

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(1) Arvalis, Fredon Nord-Pas-de-Calais, Pôle légumes Région Nord, chambre d’agriculture du Nord-Pas-de-Calais, Isa de Lille, Université de Reims, Université d’Artois, Université du littoral Côte d’Opale, etc.