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Réduire l’empreinte carbone des élevages laitiers

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Changement climatique - Réduire l’empreinte carbone des élevages laitiers
À productivité égale, réduire le recours aux concentrés améliore l’autonomie alimentaire. © Claudius Thiriet

Des leviers relativement simples à mettre en place existent pour améliorer le bilan carbone du lait. Le tout, sans pénaliser la situation financière ou le temps de travail des éleveurs.

L’Institut de l’élevage (Idele) et le réseau Inosys ont évalué l’efficacité de dix-sept leviers techniques visant à améliorer l’empreinte carbone du lait sur des exploitations types modélisées (1). Parmi les leviers améliorateurs de l’empreinte, six sont assez simples à mettre en œuvre et ressortent neutres ou bénéfiques sur d’autres dimensions chères aux éleveurs : les finances (EBE) et le temps de travail.

Moins d’intrants

La moitié de ces leviers concerne la gestion des intrants. Les experts conseillent d’optimiser les quantités de concentrés distribuées (1er levier) « en améliorant la valorisation des fourrages et en adaptant la complémentation aux besoins des animaux ». L’objectif est d’accroître l’autonomie alimentaire de l’exploitation. Pour ce faire, des fourrages de qualité en quantité suffisante sont nécessaires. Les « conditions de logement et sanitaires » doivent permettre l’expression du potentiel du troupeau, couplées à une ration équilibrée et cohérente. La productivité peut être maintenue et les charges opérationnelles allégées.

Passer aux concentrés locaux non OGM (drêches de brasserie, tourteau de colza) est une piste potentiellement complémentaire (2e levier), si les capacités de stockage et les disponibilités ne sont pas bloquantes. « Intégrer une filière spécifique avec revalorisation du produit lait » conforte la viabilité du projet.

Enfin, couvrir la fosse à lisier (3e levier) améliore la qualité des effluents, notamment en évitant de les diluer à l’eau de pluie, et cela bloque les émissions de gaz à effets de serre et ammoniacales au stockage­. Ceci joue sur les achats complémentaires d’engrais minéraux. Épandre par enfouissement s’inscrit dans la continuité de cette démarche vertueuse.

Miser sur la longévité des vaches

Concernant la conduite du troupeau, la réduction du taux de renouvellement (4e levier), et donc des effectifs improductifs, aide à contenir l’empreinte carbone. Moins de génisses élevées, c’est moins de méthane entérique et généralement davantage de lait sur la moyenne d’étable, avec une proportion de multipares en hausse. C’est aussi moins d’effluents et des surfaces libérées. Pour ne pas nuire à ces effets bénéfiques, ce levier ne doit pas conduire à une augmentation des achats d’engrais ou au retournement de prairies.

Stocker plus de carbone

Pour augmenter le stockage du carbone, les deux leviers les moins complexes à mettre en place sont l’implantation de haies (5e levier) et la hausse de la durée des prairies temporaires (6e levier).

Pour les haies, « il faut implanter un linéaire important » pour « un impact significatif » (250 kg de carbone pour 100 mètres linéaires par an). Ombrage et protection de la biodiversité sont également de la partie. Des aides existent pour la mise en place des haies. L’entretien est à prendre en considération.

Le dernier levier, sur la durée de vie des prairies, demande d’adapter leur conduite et le choix des espèces semées. « La conservation d’une prairie fortement dégradée peut être contre-productive », avertissent toutefois les auteurs du dossier.

A. Courty

(1) Toutes les fiches leviers sur https://idele.fr/detail-dossier/empreinte-carbone-leviers-de-reduction-en-elevage-bovin-lait

Des options plus complexes

D’autres leviers existent, mais leur mise en place demeure plus complexe.

C’est le cas de la réduction de l’âge au premier vêlage. Cette stratégie « passe par une plus forte technicité de l’éleveur ». Les retombées sont similaires à celles du levier sur le taux de renouvellement.

Introduire du méteil protéagineux pour améliorer l’autonomie protéique est une autre piste, gourmande en temps de travail.

Augmenter les surfaces des prairies temporaires, au détriment possible d’autres cultures et de la productivité des vaches, forme aussi un axe de réflexion.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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