Le maire est, effectivement, la personne à laquelle vous devez vous adresser. Il est chargé de la police et de la conservation des voies communales et des chemins ruraux. Dans le cadre de ses pouvoirs, il doit s’assurer de la bonne circulation sur les voies communales. Le maire et ses adjoints ont la qualité d’officier de police judiciaire, en vertu de l’article 16 du code de procédure pénale, rappelé par l’article L. 2122-31 du code général des collectivités territoriales (CGCT). À ce titre, ils disposent des mêmes prérogatives que tout officier de police judiciaire, ce qui inclut notamment le constat des infractions à la loi pénale, ou encore la verbalisation de contrevenant. Ils peuvent également prescrire la mise en fourrière d’un véhicule, en vertu de l’article R. 325-14 du code de la route.

Concernant les chemins ruraux, le code rural interdit, d’une part, de compromettre la sécurité ou la commodité de la circulation, notamment « de déposer sur ces chemins des objets ou produits divers susceptibles de porter atteinte à la sécurité de la circulation » (article D. 161-14-12°). Et, d’autre part, de faire aucun ouvrage sur les chemins ruraux sans autorisation délivrée par le maire (article D. 161-15).

La violation de ces dispositions est constitutive d’une infraction pénale, réprimée dans les conditions de droit commun prévues par le code de procédure pénale. Dans la mesure où les chemins ruraux font partie du domaine privé de la commune et non du domaine public routier, les atteintes à leur conservation ne sont pas réprimées par une contravention de voirie, mais par les dispositions répressives de droit commun relatives aux contraventions contre les biens (articles R. 631-1 à R. 635-1 du code pénal). Lorsqu’un obstacle s’oppose à la circulation sur un chemin rural, le maire doit y remédier d’urgence, selon l’article D. 161-11 du code rural. Les mesures provisoires de conservation du chemin exigées par les circonstances sont prises par simple sommation administrative, aux frais et aux risques de l’auteur de l’infraction et sans préjudice des poursuites qui peuvent être exercées contre lui.

Sans réaction à votre demande orale, il est peut-être préférable de prendre rendez-vous avec le maire, puis de lui adresser un courrier par lettre recommandée avec accusé de réception si rien ne bouge.

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