Après trois années de travail, Terres Inovia, l’institut technique des oléagineux et protéagineux, propose un outil en ligne de comptage des larves d’altises pour le test Berlèse. Elle l’a présenté le 26 février 2026 au Salon de l’agriculture. Une photo de la cuvette suffit à « Berl’eyes », qui s’appuie sur une intelligence artificielle, pour les dénombrer en 15 à 30 secondes, selon la qualité du réseau. L’outil s’affranchit ainsi de la fatigue oculaire et promet un gain de temps pour les conseillers, techniciens d’expérimentation, semenciers, et tous les opérateurs pratiquant à répétition un grand nombre de tests.
Mais les agriculteurs aussi sont invités à l’utiliser. Ils seraient environ 10 000 à réaliser eux-mêmes des tests Berlèse, selon Laurent Rosso, directeur de Terres Univia, l’interprofession des huiles et des protéines végétales.
88 % d’efficacité
L’institut parle d’une efficacité de l’outil à 88 % mais prévoit une hausse progressive : plus Berl’eyes sera utilisé, plus il gagnera en précision. « Nous n’avons aucun doute sur le fait d’attendre un niveau de 95 %, c’est-à-dire qui dépasse très largement la précision humaine », a commenté Laurent Rosso. L’institut recommande de placer son téléphone à environ 30 cm de la bassine pour une meilleure efficacité.
Autres perspectives d’évolution de l’outil, à plus long terme : la précision des stades larvaires, la descente d’informations à l’échelle régionale pour informer les zones à fortes infestations ou encore la détection d’autres ravageurs, tels que les méligèthes. A posteriori, les résultats pourront également aider à la simulation des périodes à risque en les recoupant avec les données météo, a ajouté Laurent Rosso.
L’outil est accessible gratuitement et le restera pour les agriculteurs, mais pourrait devenir payant pour les structures en ayant un usage « industriel ».