« Actuellement, le marché de l’azote évolue de façon divergente, constate Isaure Perrot. L’urée baisse, mais reste à un niveau de prix élevé de 807 €/t Franco Atlantique, la solution azotée revient sur son plus haut niveau de prix (612 €/t FOT Rouen) et l’ammonitrate reste sur son niveau de prix record depuis novembre (774 €/t Franco Atlantique pour le 33.5). »

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Moins de demande pour l’urée

« Concernant l’urée, c’est surtout la baisse de la demande qui explique cette tendance, l’Inde finalisant ses achats, couplée à des disponibilités présentes au Moyen-Orient. Mais il est à noter les fortes restrictions à l’exportation de la Chine que la Russie, avec la mise en place de quotas à l’exportation, ne pourra pas compenser. »

« L’urée pourrait donc continuer de baisser dans les prochains mois, mais devrait rester à un niveau de prix élevé. En France, des besoins restent à couvrir pour cette campagne. Nous avons estimé en décembre un taux de couverture de 70 %, il doit dorénavant se situer entre 70 et 80 %. Ce qui explique les tendances de prix actuelles de la solution azotée et de l’ammonitrate. »

Une situation tendue sur le court terme

« Sur le court terme, la situation devrait rester tendue. Néanmoins d’ici quatre mois, une baisse pourrait être envisageable. Cela dépendra de l’évolution du prix du gaz à présent à 84 € le mégawatt, contre 20 € en janvier 2021, et de celle de la demande. »

« Et pour un agriculteur qui achèterait aujourd’hui de l’engrais azoté pour la campagne en cours, fixer la marge est indispensable. Pour la prochaine campagne, nous préconisons de fractionner les achats pour diviser le risque. »

Propos recueillis par Charlotte Salmon