« Concevoir une tête capable de broyer en même temps qu’elle taille, cette idée m’est venu un 26 décembre au soir », se remémore avec malice Steven Guêné. Dès le lendemain, le jeune homme avait griffonné les premiers plans de son concept.

Autodidacte

Entrepreneur de travaux ruraux avec son père, ce bricoleur autodidacte installé à La Bazoge, dans la Sarthe, a conçu le LBR, pour lamier broyeur rotatif. Cet outil est prévu pour tailler les haies et broyer les résidus.

« Jusqu’ici, j’étais obligé de passer deux fois. D’abord avec un lamier ou un sécateur, puis avec le broyeur d’accotements, qui se chargeait de broyer les résidus tombés au sol. Aujourd’hui, tout est fait en un passage et, surtout, c’est plus propre. Les résidus restent au niveau de la haie et limitent l’engorgement des fossés », se félicite Steven.

Steven Guêné a conçu un lamier broyeur rotatif pour entretenir les haies. (©  Laurent Theeten/GFA)

Recentrer la matière

« Le principe est simple. La tête fonctionne comme un bec d’ensileuse, en regroupant le produit au centre. J’évite ainsi que des branches ne tombent en dehors de la haie », décrit l’entrepreneur.

Le système est composé de quatre rotors munis de couteaux mobiles. Ils assurent la coupe et le broyage de la végétation. Ces rotors tournent vers le centre de la machine. Ils sont accompagnés de carters tout autour d’eux, qui guident le flux.

Le lamier comprend quatre rotors, munis de quatre couteaux mobiles. (©  Laurent Theeten/GFA)

Avec ce principe, la matière circule entre les rotors jusqu’à être réduite en morceaux d’une dizaine de centimètres. Elle retombe ensuite sur la haie. « Ce lamier est capable de s’attaquer à une végétation variée et des sections de bois allant jusqu’à 3 cm. Le but est de pouvoir tailler la pousse de l’année, que ce soit des ronces ou des troènes. »

Le LBR 240, large de 2,40 m, est composé de quatre rotors. Ils sont entraînés en rotation par un moteur hydraulique et des courroies synchronisées. Chaque rotor est conçu en Hardox et dispose de quatre couteaux mobiles, répartis sur deux hauteurs. « Avec ces deux niveaux, j’ai pu créer un recroisement pour garantir un travail propre et intégral. »

Le lamier broyeur affiche une largeur de travail de 2,40 m. (©  Laurent Theeten/GFA)

En complément, Steven a ajouté un couteau fixe sur chaque rotor. « Il est placé au plus près du carter supérieur, et possède un angle de travail. Son but est de créer une aspiration pour soulever les résidus, tout en assurant un bon débourrage du carter. »

Dernière évolution en date, Steven a monté un déflecteur au centre du carter. « Le but est de limiter l’andainage de la matière et d’augmenter l’effet de brassage dans les rotors. Cette pièce est vissée, je préfère la laisser démontable si un jour le système est utilisé avec un aspirateur pour récupérer les déchets. »

Un couteaux fixe, muni d'une lame montée en biais, permet de limiter les bourrages et de soulever la végétation. (©  Laurent Theeten/GFA)

Plus de 400 km de haie

La réalisation de Steven est montée sur une épareuse Noremat 83 t. Avec ses 8,3 m de portée, c’est la plus grosse des trois épareuses présentes sur l’entreprise. Le broyeur est boulonné sur un support fait maison. Il est reste ainsi démontable. En effet, la solution est utilisée uniquement entre le 15 août et le 15 mars, les dates réglementaires pour l’entretien des haies.

« Le reste de l’année, j’ai trois autres têtes que j’utilise en fonction de mes besoins. » Sur les 1 500 heures réalisées par l’ensemble, entre 750 à 800 heures le sont avec le broyeur développé par Steven. Cela représente plus de 400 km de haies taillées chaque saison.

« Nous avons un contrat avec quatorze communes pour l’entretien des routes communales. Cela représente environ 50 % de notre travail. Nous réalisons également l’entretien des haies d’agriculteurs ainsi que des prestations pour particuliers et professionnels », détaille l’entrepreneur.

Accompagné d'un broyeur d’accotement frontal et d'un souffleur, l'ensemble réalise tout en un passage. (©  Laurent Theeten/GFA)

En termes de consommation, Steven l’assure : « Il y a finalement peu de différence avec l’ancien système. Je suis environ autour de 12 l/heure avec mon ensemble composé d’un broyeur d’accotement, d’une épareuse et d’un souffleur.

La différence, c’est plutôt que je vais un peu moins vite. J’avance entre 2,8 et 3 km/h. Par contre, je fais désormais tout en un passage et, en plus, le travail est de meilleure qualité. »