Le pire peut être évité. Ces cinq mots résument la conférence annuelle du Réseau de transport d’électricité (RTE). Elle a eu lieu le mercredi 14 septembre 2022, deux mois plus tôt qu’habituellement, en raison des fortes tensions qui pèsent sur le secteur énergétique. Sans être alarmiste, Xavier Piechaczy, président de RTE, a souligné l’importance capitale de la sobriété cet hiver, tant pour les particuliers que les entreprises. Si le risque de pénurie totale semble être écarté, des périodes de fortes tensions sont à prévoir.

Scénarios, alertes et coupures

Il a ainsi présenté différents scénarios, faisant varier la situation énergétique d’une part, et le froid hivernal d’autre part. Avec peu ou pas de réduction des consommations, une mauvaise disponibilité du parc nucléaire et un hiver rugueux, le nombre d’alertes EcoWatt rouges pourrait atteindre vingt-huit.

Ce dispositif sera enclenché lorsque les tensions seront maximales. Il appellera à des baisses immédiates et massives des consommations, coupera automatiquement le courant d’industries dites « électro-intensives », baissera la tension sur les réseaux et pourra aller jusqu’au délestage. Il s’agit de coupures tournantes de deux heures par foyer. Si des efforts sont réalisés et que l’hiver est relativement doux, RTE garantit qu’il n’y aura pas plus de trois alertes rouges, pour un maximum de quelques heures, lors des pics de froid. Le 15 de chaque mois, une mise à jour des prévisions sera effectuée.

Consommer au bon moment

Au-delà des économies d'énergie, le gestionnaire de réseau appelle au décalage de la demande quand c’est possible. La nuit, l’après-midi et le week-end sont les périodes où le réseau électrique est le moins mis à contribution. Les situations les plus tendues ont lieu en semaine, entre 8h et 13h et de 18h à 20h.

L’hiver 2022-2023 s’annonce crucial et tendu, mais les bons réflexes devront être maintenus et devenir la norme, selon Agnès Pannier-Runacher. La ministre de la Transition écologique a rappelé, aux côtés de la Première ministre Élisabeth Borne que la France a un objectif de réduction de 40 % de sa consommation d’énergie d’ici à 2050, et que c’est « un levier nécessaire pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre ».

Elle a par ailleurs rappelé que le projet de loi visant à accélérer le développement des énergies renouvelables sera présenté à la fin de septembre.