L’hiver dernier, les rumeurs d’interdiction de chauffage au bois ont enflammé les foyers. La Commission européenne n’a pas eu l’intention de bannir ce mode de chauffage, mais elle planche sur un projet de loi visant à renforcer la norme Écodesign des appareils de combustion.

Cette norme, prévue pour 2027, s’appliquera uniquement aux nouveaux modèles. Bruxelles vise les appareils qui ne régulent pas automatiquement leur combustion, comme les poêles à bûches qui, faute d’une combustion complète, polluent.

Haro sur les poêles vétustes

« Même si des points sont à revoir, l’orientation du texte est vertueuse, en cohérence avec les enjeux sanitaires », souligne Manon Vitel, spécialiste du chauffage au bois à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Le problème porte essentiellement sur les particules fines PM2.5. Celles-ci proviennent en majorité du chauffage au bois (68 %), loin devant l’industrie (16 %) et les transports (10 %) (1).

L’exposition aux PM2.5 affecte la santé : irritation du nez, aggravation de l’asthme, cancers… Près de 40 000 décès par an sont attribuables à la pollution aux particules fines.

Les émissions nocives proviennent principalement des poêles à bûches de plus de vingt ans ou des foyers ouverts. Soit près de la moitié des 7,5 millions de foyers qui se chauffent au bois en France. Le mot d’ordre serait donc de renouveler les équipements vétustes, en privilégiant les appareils labellisés Flamme verte. Cependant, les soutiens publics comme MaPrimeRénov’ diminuent progressivement. Il reste quelques dispositifs locaux tels que les fFonds Air Bois.

Pour réduire les émissions, l’Ademe recommande d’utiliser un bois ayant dix-huit mois de séchage au minimum, un taux d’humidité de 23 % maximum et des bûches fendues et écorcées.

Par ailleurs, ne fermez pas le tirage pour prolonger la combustion et rechargez les bûches uniquement sur lit de braises sans flamme. Le bois reste l’énergie locale la moins chère (3 c/kWh), qui joue un rôle incontournable dans la transition énergétique en émettant cinq fois moins de CO2 que le fioul (2).

(1) et (2) selon l’Ademe.