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Suivre en temps réel les attaques des loups

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Maploup - Suivre en temps réel les attaques des loups
La page d’accueil du site Maploup permet à l’utilisateur de zoomer sur sa zone d’intérêt. © M.-F. Malterre

Le réseau pastoral Auvergne-Rhône-Alpes a conçu une plateforme internet pour recenser les suspicions d’attaques au jour le jour. Éleveurs, bergers et élus peuvent aussi s’abonner gratuitement aux alertes SMS.

Savoir où et quand les loups ont assailli les troupeaux, c’est désormais possible - dans bientôt sept départements (1) du massif alpin - grâce au site internet maploup.fr. « Il a vocation à élargir son champ d’action », précise Fabien Candy, technicien pastoral à l’Association départementale d’économie montagnarde de la Drôme (Adem 26). Maploup récapitule en temps réel, sur une carte de géolocalisation (Map), toutes les suspicions d’attaques depuis le début de l’année en cours. Les plus récentes étant mentionnées en jaune.

Alertes par SMS

Sur le plan pratique, dès qu’un éleveur ou un berger appelle la DDT parce que son troupeau vient d’être victime d’un loup, l’agent transmet immédiatement l’information (lieu, nombre d’animaux tués et/ou blessés) au service pastoral du département, avant même d’avoir statué sur la responsabilité du prédateur. C’est la raison pour laquelle le terme de suspicion reste mentionné. Ainsi, dès le 13 mai, une attaque survenue le 12 mai à Nantes-en-Ratier, dans l’Isère, était signalée. En cliquant sur le point jaune, l’internaute apprend qu’un ovin a été tué. « Les éleveurs, bergers et élus peuvent aussi s’inscrire pour recevoir gratuitement les alertes par SMS des nouvelles attaques de leur secteur », indique Fabien Candy. Les personnes enregistrées, se situant dans un rayon de 10 km autour d’un lieu « constat », auront un message contenant les informations sur l’assaut, dans un délai d’un à deux jours. Les candidats à l’inscription peuvent indiquer la commune du siège de leur exploitation ou le nom de leur estive.

Cette plateforme est née à la suite de l’augmentation des attaques. « Nous avons conduit une première expérimentation de l’outil en 2017 avec la SEA73 (Société d’économie alpestre) et la Fédération des alpages de l’Isère sur le massif de Belledonne. Nous avions besoin de savoir ce qui se passait réellement sur le terrain », précise Cathy Davoine, de l’Usapr (Union pour la sauvegarde des activités pastorales et rurales), qui regroupe des élus de toutes les zones touchées. Les rumeurs sur le prédateur vont bon train dans les campagnes. Maploup peut « leur tordre le cou » ou les confirmer.

M.-F. M.

(1) Maploup est opérationnel dans trois départements (Drôme, Isère, Savoie). Il élargira son rayon d’action dès le début de l’été dans quatre autres (Haute-Savoie­, Ardèche, Var, Alpes-de-Hautes-Provence). Il a reçu le soutien de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Atlas

À côté de la carte Map, les données de la prédation des années 2009 à 2019 sont récapitulées commune par commune.

« Connaître les attaques autour de chez nous »

« Les alertes SMS de Maploup nous informent précisément sur les attaques que subissent les troupeaux autour de chez nous », explique Claire Lapie. La jeune éleveuse et son compagnon, Yann Rudant, sont à la tête de 200 brebis élevées en bio pour la vente directe, à Ballons, dans la Drôme. En 2017, ils ont perdu 10 % de l’effectif de leur troupeau alors qu’ils avaient mis en place des moyens de protection. « Nous nous sommes aperçus, après le carnage, que les prédateurs sévissaient sur les troupeaux des voisins depuis plusieurs jours. Les SMS renforcent notre vigilance. C’est aussi le moyen de savoir si nos voisins sont touchés pour leur venir en aide et inversement recevoir un appui en cas d’attaque. La limite du dispositif, c’est que nos parcours sont limitrophes des Hautes-Alpes, qui ne sont pas encore couvertes par Maploup. »

Claire Lapie, jeune éleveuse, et son compagnon, Yann Rudant, sont à la tête de 200 brebis élevées en bio pour la vente directe, à Ballons, dans la Drôme. © Anne-Lore Mesnage
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Cet article est paru dans La France Agricole

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