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« Je cultive des kiwis sous serre photovoltaïque »

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Solution prometteuse - « Je cultive des kiwis sous serre photovoltaïque »
« En plus de la protection des vergers, la serre offre un certain confort de travail », souligne Augustin Aguilar. © Camile Penet

L’EARL Guerivel exploite 4 hectares de kiwis sous serre photovoltaïque. Une protection efficace des vergers contre la bactériose et les aléas du climat.

Augustin Aguilar a commencé l’aventure des kiwis sous serre photovoltaïque il y a quatre ans. « J’étais arrivé à un tournant de ma vie professionnelle », explique-t-il. Arboriculteur mais aussi ancien céréalier et semencier à Saulce-sur-Rhône, dans la Drôme, Augustin ne s’y retrouvait plus avec les grandes cultures. « Quand mon collègue Bernard Vossier et moi avons été démarchés par le groupe Reden Solar pour cultiver des vergers sous serre photovoltaïque, nous y avons très vite vu une opportunité pour protéger notre production de kiwis des aléas climatiques mais aussi de la bactériose PSA (1), de plus en plus dévastatrice dans notre région. »

Lumière et température

Les deux serres de 2 hectares chacune ont été construites en 2017 et 2019. Elles ont été entièrement financées par Reden Solar (2). Il restait à charge pour les deux exploitants, associés en EARL, le coût des plantations (plants, irrigation, poteaux…).

Les premières ont eu lieu en 2017 avec des kiwis jaunes. Les arbres sont installés à 1,25 m sur le rang et à 4,60 m entre les rangs. Ils sont conduits en lyre, ce qui permet de former deux rideaux de feuillage bien aérés de part et d’autre du tronc. « L’objectif est de garder l’intérieur des arbres propre pour laisser passer un maximum de lumière. » Pour éviter que les cultures soient trop ombragées par les panneaux photovoltaïques, les serres sont exposées nord-sud, la partie sud étant couverte par ces derniers. « L’occultation d’une partie de la lumière par les panneaux et la hauteur de la serre évitent les températures excessives. Elle est la même à l’intérieur comme à l’extérieur, avec une variation de 2 °C dans les extrêmes. »

Grâce à un programme informatique, l’agriculteur gère la température et l’hygrométrie à l’intérieur de la structure. Dans le cadre de l’itinéraire technique, la pollinisation est la plus difficile à mener. Elle se fait par pulvérisation de pollen acheté dans le commerce, une opération fastidieuse et onéreuse.

Concernant la protection phytosanitaire, la serre en verre, fermée sur les côtés, tient ses promesses. Les producteurs n’ont pas rencontré de problèmes, ni PSA ni autres ravageurs. La structure permet, en effet, de gérer efficacement les taux d’humidité. Elle offre aussi un environnement clos qui protège le verger du vent, très présent dans la vallée du Rhône, mais aussi de la pluie. « Nous pouvons intervenir pour la taille et l’éclaircissage quelles que soient les conditions météo extérieures. »

Objectif : 30 t/ha

Pour leur première année en 2018, les deux associés ont récolté 2 t/ha. En deuxième année, ils ont atteint 15 t/ha.

Par contre, l’an dernier, les rendements ont chuté : 6 t/ha. Avec du recul, Augustin Aguilar avoue que le fort rendement de 2019 sur des arbres de trois ans, avec un système racinaire jeune, a certainement provoqué un phénomène d’alternance. « Il aurait fallu qu’on éclaircisse beaucoup plus », indique-t-il.

Cette petite baisse n’a toutefois pas découragé les exploitants. « Même s’il convient encore de valider l’itinéraire technico-économique, je suis persuadé que la culture de kiwis à haute valeur ajoutée sous serre photovoltaïque est une solution d’avenir. » D’ici deux ans, ils espèrent atteindre entre 25 et 30 t/ha.

Camille Penet

(1) Pseudomonas syringae actinidiae.

(2) La serre appartient à Reden Solar ainsi que l'électricité. Les exploitants ont signé un bail de trente ans, tout leur reviendra ensuite.

Le choix du kiwi jaune

L’EARL Guerivel produit des kiwis jaunes Dori, conditionnés via la coopérative Lorifruit et commercialisés par le bureau de vente Primland. « Cette variété est intéressante par sa forte valeur ajoutée mais elle est très sensible au PSA, d’où l’intérêt de la cultiver en milieu confiné », commente Augustin. D’autres arguments ont aussi guidé le choix des deux associés. « Contrairement au kiwi vert qui nécessite jusqu’à 1 200 heures de dormance, le jaune n’a besoin que de 500 heures maximum de froid pour son induction florale. Il s’adapte donc parfaitement à la production sous serre. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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