Ce rapport mensuel, dit Wasde, publié le 9 novembre 2022, est "assez proche des attentes et on ne peut pas dire que ce soit un rapport qui soutienne vraiment les cours, en particulier pour le blé et le maïs", a déclaré à l'AFP Dewey Strickler de chez Ag Watch Market Advisors, consultant en marketing basé dans le Kentucky. Ce rapport est "assez neutre" et "sans surprise" selon Gautier Le Molgat, analyste au cabinet Agritel.

Blé : hausse des prévisions de récolte

Concernant le blé, l'USDA voit une légère augmentation de la production mondiale, à 782,7 millions de tonnes (+1 million). Sans surprise, la production argentine est amputée de 2 millions de tonnes, du fait de la sécheresse, mais cette baisse est largement compensée par une augmentation des estimations de production en Australie (+1,5 million de tonnes), au Kazakhstan (+1 million de tonnes) et au Royaume-Uni (+800 000 tonnes), indique Gautier Le Molgat. En revanche, il souligne que le ministère américain n'a "pas relevé la production de la Russie, maintenue à 91 millions de tonnes" alors que le cabinet Agritel la situe autour de 98 millions de tonnes.

Maïs : peu de modifications du bilan

La prévision de production mondiale de maïs pour la campagne de 2022-2023 est pratiquement inchangée, légèrement abaissée de 400 000 tonnes. L'USDA a relevé légèrement la production américaine de grain jaune, du fait d'une hausse des rendements, mais taillé dans celle de l'Europe, où la sécheresse estivale a durement affecté les récoltes. Les prévisions de production de maïs sur le Vieux Continent ont été abaissées de 1,4 million de tonnes, à 54,8 millions de tonnes, mais la consommation européenne a également été revue à la baisse, ce qui ne modifie pas les stocks finaux.

Soja : effet négatif sur les cours

Gautier Le Molgat estime que le plus notable dans le rapport de l'USDA est l'augmentation des stocks mondiaux de soja alors que la production ne bouge pas, du fait d'une hausse d'un million de tonnes de la production américaine et d'une révision à la hausse des stocks de départ américains, et surtout chinois.

En revanche, et comme attendu du fait du manque de pluies, la production de soja en Argentine est amputée de 1,5 million de tonnes. Pour Dewey Strickler, "la production américaine a été un peu relevée grâce à une progression des rendements. Mais les stocks mondiaux ont été aussi augmentés, ce qui a un effet négatif sur les cours".

"On a récemment été favorisés par des achats de soja par la Chine et d'autres pays mais cela va se tarir car d'ordinaire en novembre, la Chine commence à se tourner plutôt vers la récolte sud-américaine", a-t-il souligné.