Concernant le maïs, "on observe depuis septembre le retour de l’origine ukrainienne, à la faveur de la mise en œuvre du corridor céréalier", rapporte Marc Zribi. Origine qui s’avère d’ailleurs "plus compétitive" que l’Argentine, l’Union européenne, la France ou le Brésil.

Toutes céréales confondues, les chiffres des exportations depuis l'Ukraine en 2022-2023 sont en deçà de la moyenne quinquennale. Néanmoins, "on observe des reprises significatives à la faveur des expéditions au départ des ports ukrainiens grâce au corridor, ajoute Marc Zribi. L’activité s’est également maintenue par voie terrestre, ferroviaire, camion ou fluviale."

Comme le précisait Agritel le 8 novembre 2022, les exportations tous grains en Ukraine s’affichaient à cette date à 14,3 millions de tonnes contre 20,6 l’an passé. "Cela inclut 5,4 millions de tonnes de blé et 7,7 millions de tonnes de maïs. Cela est en repli de plus de 30 % par rapport à la précédente campagne", chiffrait le cabinet.

Interrogations sur la reconduction de l'accord

Selon le spécialiste, les marchés sont "extrêmement attentistes" pour toutes les productions céréalières, par rapport à l’issue des négociations en cours, sur la reconduction, ou non, du corridor d’exportation ukrainien pour un an. Ces négociations s’opèrent entre la Russie, l’Ukraine, la Turquie et les Nations unies.

"L’évolution des prix sur les marchés internationaux reflète cet attentisme depuis quelques semaines", estime Marc Zribi. En orge par exemple, la demande est "atone", notamment de la part de la Chine et de l’Arabie Saoudite.

L’hiver pourrait perturber semis et récolte en Ukraine

En Ukraine, les semis des céréales d’hiver sont réalisés à 85 % (87 % en blé), mais l’arrivée des conditions hivernales pose question. "Il est possible que le taux de réalisation de ces semis ne progresse pas beaucoup plus", indique Marc Zribi.

La récolte du maïs en Ukraine est, quant à elle, effectuée à27 % sur 4,2 millions d'hectares et 6 millions de tonnes sont déjà engrangés. "Quid de la poursuite de ces récoltes dans les conditions hivernales et de poursuite du conflit ?", interroge Marc Zribi.

Le conseil spécialisé a également évoqué le risque que le maïs soit laissé sur pied, notamment à cause du coût de l’énergie. "Entre le coût du séchage et le gain de la commercialisation, le bilan pourrait être négatif", a commenté Benoît Piètrement, le président du conseil spécialisé des grandes cultures de FranceAgriMer.

Selon UkrAgroConsult, la production de maïs en Ukraine est attendue à 27 millions de tonnes, et les exportations à 30 millions de tonnes "grâce au stock de report de 2021-2022 très important, de 11 millions de tonnes, commente Marc Zribi. Ces chiffres sont à considérer avec prudence, et peuvent être amenés à évoluer."