Le début de la campagne de commercialisation des pommes est terne. "En septembre 2022, l'écoulement est lent, surtout pour la variété gala, un cultivar précoce qui a souffert de la sécheresse estivale et donne des petits calibres. Par ailleurs, le prolongement des températures douces freine la demande des fruits d'automne", explique le service de la statistique du ministère de l'Agriculture, Agreste, dans sa note d'octobre 2022.

Petits fruits et décolorations

La filière de transformation est saturée de petits fruits porteurs de défaut de coloration dus à la canicule. De plus, faute de débouchés à l'est avec la guerre en Ukraine, les producteurs polonais se reportent sur le marché européen. Avec une telle offre, les prix de début de campagne accusent le coup et sont en baisse d'environ 15 % par rapport à ceux de l'année dernière, se rapprochant ainsi de la moyenne des cinq dernières années.

En se basant sur des échantillons régionaux, les prévisions de production nationale de pommes s'orientent à la hausse, vers 1,47 million de tonnes. Elle serait donc supérieure de 12 % par rapport à celle de l'an passé, fortement affectée par le gel du printemps, mais seulement de 4 % par rapport à la moyenne quinquennale.

Les prévisions par région

Grosses régions de production, l'Occitanie et Paca ont vu leurs fruits souffrir de la canicule et donner de petits calibres. En Paca, les gros orages de la fin de l'été ont abîmé ou fait tomber certains fruits. Jusqu'à 20 % de la production, selon les régions, ont été réorientés vers l'industrie.

Dans les Pays de la Loire, où la superficie diminue légèrement (1 %), la production des golden et granny smith serait en recul.

Dans la vallée de la Garonne, comme dans le Sud, les effets de la canicule se traduisent par des petits calibres.

En revanche, un peu plus au nord, en Limousin, les calibres sont assez élevés, conséquence d'un éclaircissage après le gel du printemps. Enfin, alors que la production revient à son niveau habituel dans la vallée du Rhône, celle du Centre-Val de Loire s'oriente vers un niveau haut, tirant profit de l'irrigation.

En Europe, la production serait stable par rapport à l'année dernière, selon l'association mondiale Wapa (World apple and pear association). Premier pays producteur en Europe, la Pologne produirait 5 % de plus que l'année dernière mais celle-ci serait principalement destinée au marché de l'industrie. L'Italie et l'Allemagne connaîtraient une évolution quantitative similaire (+5 %) alors que l'Espagne serait en fort recul (–23%).