Une étude réalisée entre 2017 et 2019 par l’Anses (1), l’Inrae (2) et les chambres régionales d’agriculture a montré que les cultures de tournesol avec des VRTH (variétés rendues tolérantes aux herbicides) présentaient une abondance en ambroisie égale, voire supérieure aux cultures conduites avec des variétés classiques. « Nos relevés n’ont pas noté une efficacité flagrante des VRTH dans la lutte contre l’ambroisie », estime ainsi l’Anses dans un communiqué en date du 18 mars 2022.

 

La zone géographique et la fréquence de retour du tournesol dans la rotation seraient, selon l’étude, deux facteurs plus déterminants que le type variétal. L’Anses émet l’hypothèse que les agriculteurs utilisant des variétés classiques ont tendance à davantage diversifier leurs rotations, alors que ceux utilisant des VRTH cultivent surtout du tournesol.

 

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Usage plus important d’herbicides avec les VRTH

Dans cette étude, les tournesols VRTH présentaient également la plus faible diversité en adventices à l’intérieur des parcelles. À l’inverse, les cultures biologiques, avec des variétés classiques, offraient la plus grande diversité.

 

« La différence de diversité des plantes adventices à l’intérieur des champs serait liée non pas directement aux variétés utilisées mais à des pratiques agricoles différentes », précise l’Anses, pointant notamment du doigt les usages herbicides. En effet, la dose pleine moyenne par an est de 1,5 pour les agriculteurs utilisant des VRTH, contre 1,25 pour ceux choisissant des variétés classiques. « Cette différence peut paraître faible mais elle suffit pour expliquer la diminution de la biodiversité », indique Guillaume Fried, coauteur de l’étude pour l’Anses.

 

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Diversité similaire pour les bordures de champs

« Même si la gestion des adventices est nécessaire pour assurer la production agricole, une perte trop importante de diversité peut être préoccupante », ajoute l’établissement. Sont ainsi évoqués les services bénéfiques que peuvent apporter les espèces adventices, comme favoriser la présence des auxiliaires de cultures.

 

En revanche, l’étude n’a pas relevé de différence significative d’un type variétal à l’autre sur la diversité des bordures de parcelles. D’autres facteurs tels que le type de sol, le climat et le paysage entreraient davantage en compte. « Toutefois, il faudrait refaire l’étude dans cinq ou dix ans, pour voir s’il n’y a pas d’effet cumulatif lié à la culture de VRTH qui n’aurait pas encore été détecté », précise Guillaume Fried.

(1) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

(2) Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.