Annoncé en mars, le plan REPowerEU a été présenté par la Commission européenne ce 18 mai 2022. Il vise à répondre à la crise énergétique et à lutter contre le changement climatique. Bruxelles prévoit ainsi d’accélérer sur les économies d’énergies et le développement des renouvelables. Le solaire serait dans un premier temps priorisé, car plus facile et rapide à mettre en œuvre. Une proposition de plan stratégique lui est dédiée.

La Commission y précise que « chaque État membre devrait considérer des incitations au développement de l’agrivoltaïsme dans son PSN (plan stratégique national) de la Pac ». Un changement de cap alors qu’actuellement les surfaces agrivoltaïques sont exclues des dispositifs de la politique agricole commune.

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Doubler le solaire en trois ans

Il est aussi proposé dans ce plan, entre autres, que l’installation de panneaux solaires soit obligatoire sur les bâtiments neufs commerciaux, publics et résidentiels. La stratégie européenne sur l’énergie solaire propose enfin que des efforts soient mis en œuvre pour développer le solaire flottant et sur les infrastructures de transport, comme les autoroutes ou les chemins de fer.

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Hausse de tous les objectifs

L’éolien n’est pas oublié, mais il est plus long à développer. La Commission devrait publier une recommandation pour accélérer et simplifier les demandes d’autorisations. Bruxelles compte mettre le paquet sur toutes les énergies renouvelables (EnR).

Leur part devait atteindre 40 % en 2030 dans les précédents objectifs. Cette valeur est relevée à 45 %. Aujourd’hui, la puissance cumulée de renouvelables atteint 511 GW (gigawatts) au sein de l’Union. Un chiffre de 1 236 GW est avancé pour 2030 dans la feuille de route proposée par la Commission.

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Économies d’énergies

Les objectifs précédents fixaient une réduction de 9 % des consommations dans les huit prochaines années. Ce chiffre est porté à 13 %. L’efficacité énergétique est mise en avant dans tous les domaines : baisse du chauffage, télétravail, réduction de la vitesse sur routes, amélioration des transports en commun, etc.

Les recommandations vont aussi dans le sens d’incitations fiscales sur des systèmes économes en énergie ou sur l’isolation des bâtiments. Au total, les investissements à mettre en œuvre pour les économies d’énergies et le développement des renouvelables atteindraient 210 milliards d’euros d’ici à 2027.

Les propositions seront débattues les 30 et 31 mai, en réunion extraordinaire du Conseil européen. La France, particulièrement en retard sur ses objectifs, fait figure de mauvais élève en la matière et va devoir rectifier le tir.

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Gildas Baron