La croissance soutenue de la filière du biométhane se poursuit. Elle a été détaillée par le Syndicat des énergies renouvelables (Ser) dans son panorama du gaz renouvelable publié le jeudi 1er avril 2021. La capacité d’injection a connu une augmentation de 82 % au cours de l’année écoulée pour atteindre 3 917 GWh/an. 0,5 % des besoins en gaz de l’année 2020 ont été couverts par le biométhane. À la fin du premier trimestre de 2021, c’est désormais 1 % de la consommation qui peut être d’origine renouvelable.

Trois quarts d’origine agricole

L’agriculture occupe une place de choix dans la filière du gaz renouvelable. En effet, sur les 214 sites d’injection que compte la France, 114 sont des installations agricoles autonomes et 53 des unités agricoles territoriales. Cela représente donc 78 % des sites d’injection. La production cumulée de ces sites agricoles atteignait 72 % de la capacité de production installée au 31 décembre 2021.

Les installations agricoles sont également largement majoritaires dans la file d’attente de projets, dont les capacités réservées atteignent 26,5 TWh/an, soit huit fois plus que la valeur atteinte à la fin de 2020.

Répartition inégale

Il y a de grandes disparités territoriales dans la production de gaz vert. Cela s’explique tant par les différences de productions agricoles que par l’hétérogénéité de l’accès aux canalisations gazières. Quatre régions totalisent à elles seules plus de 60 % de la production. C’est la Région Grand Est qui est largement en tête des régions productrices de biogaz, avec une capacité installée de 848 GWh/an au 31 décembre. Les Hauts-de-France sont en seconde position avec 607 GWh/an. Le podium est complété par la Région Nouvelle-Aquitaine (442 GWh/an), talonnée de près par la Région Bretagne (407 GWh/an).

Différentes typologies

La typologie des sites de production varie d’une unité à l’autre. Ainsi en Nouvelle-Aquitaine, il n’y a que douze sites, mais ce sont pour la plupart des installations industrielles de grande capacité. En Île-de-France, ou dans les deux régions du Nord-Est on trouve beaucoup d’unités relativement puissantes, sur des fermes en grandes cultures. Dans le grand Ouest, les installations sont généralement plus petites, et situées sur des exploitations en polyculture-élevage.

L’injection de biométhane est désormais la voie de valorisation de 20 % des unités de méthanisation en France. La cogénération représente 80 % des installations, avec 861 sites, et la croissance de cette filière a été de 11 % en 2020.

Gildas Baron