Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

4 % des produits vendus plus chers au 1er février

Loi alimentation - 4 % des produits vendus plus chers au 1er février
Capture d’écran de France Info

Le ministre de l’Agriculture l’a indiqué mercredi matin : le 1er février, des hausses de tarifs vont intervenir sur 4 % des produits alimentaires de grande consommation, avec des marques aussi connues que le Nutella, le Ricard ou le Coca-Cola. La raison ? Le relèvement à 10 % du « seuil de revente à perte », imposé par la récente loi portant sur l’alimentation.

Le gouvernement compte ainsi obliger les distributeurs à vendre même leurs produits d’appel à des prix supérieurs d’au moins 10 % à ceux auxquels ils les ont achetés, et à cesser les ventes à perte. L’État espère que la distribution pourra ainsi mieux rémunérer les producteurs. Car les agriculteurs sortent chaque année perdants de la grande négociation rituelle des prix qui se tient d’octobre à la fin de février, face aux géants de l’agroalimentaire et surtout aux incontournables centrales d’achat de la distribution.

« Ce que je demande aux grandes surfaces, c’est de trouver moyen de répartir les marges différemment, de répartir les choses mieux, l’objectif est que les produits agricoles soient vendus à leur juste valeur », a dit le ministre sur France Info.

« Il y aura 4 % des produits qui vont augmenter beaucoup. Je le regrette, j’aurais voulu que ce soit différent, […] on essaie une chose, c’est qu’on ait encore une agriculture en France, pour arrêter d’acheter des produits qui viennent de l’Amérique ou des pays de l’Est », a déclaré Didier Guillaume.

Dans les supermarchés, « 500 produits sur 13 000 » devraient augmenter vendredi, alors que dans les hypermarchés, « c’est 800 produits sur 20 000 » qui sont concernés, a-t-il ajouté. « Lorsque les gens achètent de la viande, du poisson », les prix « seront protégés, contrairement à avant », a-t-il ajouté, « surtout sur les marques de distributeurs (MDD) ». « Ce qui m’importe, c’est que les consommateurs et les agriculteurs s’y retrouvent. »

Message reçu par la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), regroupant tous les acteurs de la distribution à l’exception de Leclerc, qui a mené la fronde contre la loi sur l’alimentation au nom de la lutte pour le pouvoir d’achat.

« Ce sur quoi tous les acteurs économiques, sauf Leclerc, se sont mis d’accord, c’est qu’il faut changer le système, de façon à ce qu’on revienne à des prix normaux, et que ça permette d’améliorer le sort des agriculteurs. Et de ce point de vue, je trouve qu’il n’y a rien de choquant à ce que le prix du Ricard puisse augmenter un peu si ça permet d’augmenter le prix payé aux éleveurs laitiers pour un litre de lait », a réagi le délégué général de la FCD, Jacques Creyssel, auprès de l’AFP.

Multiplication d’accords

« Le consommateur verra bien, quand l’ensemble de tout ceci sera terminé, c’est-à-dire dans quelques mois, qu’en réalité c’est une opération positive pour tous », a-t-il jugé.

Selon lui, plusieurs enseignes ont déjà annoncé dans la presse, en compensation, des baisses de prix sur leurs MDD. Pour redorer leur image de marque, certaines enseignes vont aussi tenter d’actionner le levier de la fidélisation de leurs clients en proposant des avantages ciblés sur des produits « préférés », selon Cédric Chéreau, spécialiste de la promotion dans la grande distribution.

Un élément saillant indique un changement d’attitude dans cette guerre de tranchées : la multiplication d’accords très médiatisés entre géants de la distribution et géants laitiers, permettant une revalorisation des prix du lait payés aux agriculteurs et éleveurs français.

Après Bel et Intermarché le 12 décembre, puis Leclerc et Danone le 2 janvier, c’est Leclerc et Lactalis qui ont annoncé mercredi un accord.

À un mois de la fin des négociations commerciales, les ministres feront le point le 7 ou le 8 février à Bercy autour de Bruno Le Maire et Didier Guillaume, avec la distribution, l’agroalimentaire et les producteurs autour de la table.

« On constate de vrais changements positifs en cours pour mieux rémunérer certaines filières organisées, comme le lait, mais dans le secteur de la viande, cela ne part pas très bien », soulignait une source au ministère de l’Agriculture mercredi.

Réaction de la FNSEA et de JA

La FNSEA et Jeunes Agriculteurs ont réagi à l’annonce par un « grand distributeur » dans le Parisien de ce jeudi d’une hausse des prix de 6,3 % sur 24 produits avec la hausse du seuil de revente à perte. Pour les deux syndicats, ce distributeur « tente de faire l’amalgame avec une hausse généralisée des produits ».

FNSEA et JA expriment « toute leur révolte face à cette hasardeuse instrumentalisation des chiffres. En effet, ce n’est pas parce qu’il y a une hausse sur certains produits que le panier global va augmenter. Il s’agit plutôt d’un rééquilibrage, pour aller d’une marge zéro sur les produits d’appel (et une marge plus que confortable sur le reste), vers une répartition plus raisonnable ».

« Le SRP fait donc partie d’un dispositif dont l’objectif est de mieux répartir la valeur, pas d’augmenter les prix ; de mieux rémunérer les agriculteurs, pas de matraquer les consommateurs. Dire que les prix des produits agricoles vont augmenter mécaniquement avec la hausse du SRP, c’est tenter de nous faire croire que tous ses produits alimentaires sont vendus quasiment à prix coûtant. Nous savons bien que c’est faux et qu’aujourd’hui ce sont les produits de nos régions, pressurisés par les centrales d’achat, qui payent la distribution du Coca-cola ou du Nutella. Et ce sont bien sûr les agriculteurs en bout de chaîne qui payent la facture ! Rappelons que la « moyenne » supposée des 6,3 % ne concerne ici que 24 produits. Quelle logique y-a-t-il à réduire le panier du consommateur de la sorte si ce n’est pour jouer sur ses craintes ? »

Avec l’AFP
Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct

Hors Série - Eau et Irrigation - réponses à ceux qui veulent couper les vannes

Dans la même rubrique

Nos dernières vidéos

Sélectionné pour vous

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

En réassort

AJOUTER AU PANIER

Déguster et améliorer son vin 

39€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Sélection bovine des taureaux et des hommes

45€

Disponible

AJOUTER AU PANIER