Pour le collectif Stop Ceta-Mercosur, l’accord entre l’Union européenne et l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay réunis au sein du Mercosur « appartient à une lignée d’accords commerciaux obsolètes qui datent du 20e siècle et qui ont détruit la planète ».

Biodiversité en danger

Il va « aggraver la destruction et l’effondrement de la biodiversité de l’Amazonie, du Cerrado et du Gran Chaco en raison de la hausse des quotas d’importation de bétail et d’éthanol vers l’Europe, perpétuant un modèle agricole fondé sur le surpâturage, l’expansion de l’élevage intensif avec des parcs d’engraissement pour le bétail, et des monocultures dépendantes des pesticides et produits chimiques », soulignent les signataires parmi lesquels Attac, Greenpeace, Oxfam ou encore Extinction Rebellion UK.

La déclaration de la coalition s’émeut de voir le futur traité « détruire les moyens de subsistance de très nombreux paysans et petites exploitations familiales en Europe et Amérique du Sud ». Il risque aussi d’aggraver « la dépendance des économies sud-américaines aux exportations à bas prix de matières premières ».

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Plus de 20 ans de négociations

L’accord conclu en 2019, après plus de 20 ans de négociation, vise à créer un marché de quelque 750 millions de consommateurs entre les 27 pays de l’Union européenne et les quatre pays du Mercosur. Mais le processus de ratification s’est ralenti depuis la multiplication des incendies dans l’Amazonie, la France et l’Allemagne notamment déplorant le manque d’engagement du Brésil à défendre l’environnement.

De son côté, le Brésil s’est inscrit en faux contre l’idée que cet accord contribuerait à la destruction de l’Amazonie, y voyant la main de « groupes d’intérêt » qui utilisent l’environnement comme « prétexte » pour retarder la ratification.

Paris exige des garanties

Pour débloquer la ratification de l’accord, l’Union européenne a proposé en janvier une déclaration conjointe complémentaire sur des engagements en matière de développement durable, notamment la réduction de la déforestation de l’Amazonie. Mais Paris exige « des garanties tangibles et objectivables » des quatre pays concernés « sur l’environnement et les normes sanitaires », et non une simple déclaration.

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AFP