La Chine a suspendu ce mardi 12 mai 2020 les importations de bœuf australien de quatre grands fournisseurs, dans un contexte de tension politique avec Canberra. La capitale australienne réclame l’ouverture d’une enquête sur la façon dont Pékin a géré la crise du nouveau coronavirus.

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Une enquête contre Pékin sur la crise du Covid-19

L’Australie s’est jointe aux États-Unis pour demander l’ouverture de cette enquête sur la manière dont la pandémie de Covid-19, qui a vu le jour dans le centre de la Chine à la fin de 2019, avant de se propager à travers la planète.

Ils accusent notamment la Chine de ne pas avoir réagi de manière efficace dans les premières semaines de l’épidémie et d’avoir minimisé ses conséquences sur son territoire.

Dans une notice publiée sur leur site internet, les douanes chinoises ont annoncé la suspension des importations de viande de quatre fournisseurs australiens à compter de ce mardi 12 mai 2020. La durée de la suspension n’a pas été précisée et les douanes n’ont fourni aucun motif.

Selon le ministre australien du Commerce, Simon Birmingham, les suspensions sont liées à des infractions techniques « mineures » liées aux exigences chinoises en matière de santé et d’étiquetage.

Les quatre fournisseurs représentent environ 35 % des exportations de bœuf australien vers la Chine, pour une valeur marchande estimée à 1,7 milliard de dollars australiens, soit 1 milliard d’euros environ, selon le groupe audiovisuel australien ABC.

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La Chine boycotte l’Australie

À la fin d’avril, l’ambassadeur de Chine à Canberra, Cheng Jingye, avait averti que la demande d’enquête australienne sur le Covid-19 était « dangereuse » et pourrait entraîner un boycott de la part des consommateurs chinois.

« La population chinoise est mécontente, consternée et déçue par ce que fait actuellement l’Australie », avait alors déclaré Cheng Jingye au quotidien économique Australian Financial Review.

« Peut-être que les gens diront “Pourquoi boire du vin australien ? Manger du bœuf australien ?” », avait fait remarquer l’ambassadeur dans une menace à peine voilée.

Cheng Jingye avait également laissé planer une menace sur le nombre de Chinois qui, à terme, pourraient venir étudier dans les universités australiennes et qui constituent une source importante de revenus pour ces établissements.

La Chine est le principal partenaire commercial de l’Australie. Mais les deux pays sont à couteaux tirés depuis l’exclusion de géant chinois des télécoms Huawei pour la construction du réseau 5G en Australie sur fond de soupçons d’espionnage.

Avec l’AFP