Le 24 juin 2021 ,les députés ont adopté en première lecture la proposition de loi du député Grégory Besson-Moreau « visant à protéger la rémunération des agriculteurs ». Suite à cette adoption les syndicats agricoles n’ont pas tardé à s’exprimer et à se diviser.

> À lire aussi : La loi visant à protéger la rémunération des agriculteurs est votée (25/06/2021)

La FNSEA et JA globalement satisfaits

La FNSEA et Jeunes Agriculteurs jugent que le résultat de l’examen et de l’adoption de cette loi, « fortement attendue par le monde agricole pour corriger la loi EGAlim », sont « globalement positifs ».

Dans un communiqué commun, les deux syndicats expliquent en effet que « le texte à la sortie de l’Assemblée nationale répond aux principales attentes du monde agricole » Ainsi, la FNSEA et JA estiment que « les députés ont entendu le message puisque des avancées sont notables sur chacun de ces points ».

« La voie est donc tracée pour un texte précis qui vient encadrer les règles sur la contractualisation et les relations commerciales dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire », se félicitent même les deux syndicats. Cependant, ils préviennent qu’ils seront vigilants lors de l’examen du texte au Sénat. Ils appellent aussi les opérateurs à se saisir et à respecter les outils proposés par la loi.

La Coordination rurale mesure son enthousiasme

De son côté, la Coordination Rurale se félicite de cette adoption mais semble moins optimiste que la FNSEA et JA. Elle estime ainsi que certains amendements, comme celui visant à renforcer le poids des indicateurs de coût de production dans la détermination du prix payé aux agriculteurs, vont dans le bon sens.

La Coordination rurale juge cependant que cette proposition de loi « ne permettra malheureusement pas aux agriculteurs français de bénéficier d’un revenu suffisant ». Pour le syndicat, il est impératif de « fixer un prix plancher indexé sur les coûts de production moyens, afin que les agriculteurs ne produisent plus à perte ».

Enfin, la Coordination Rurale déplore que cette proposition de loi aussi surnommée « Egalim2 » soit examinée alors même que le gouvernement se refuse « à appliquer l’ensemble des dispositions de la loi ÉGAlim. ».

La Confédération paysanne dénonce le texte

La Confédération paysanne, qui s’est exprimée dans un communiqué le 24 juin 2021, avant même l’adoption de la proposition de loi, juge que les mesures et « les expérimentations », prévues dans le texte « n’ont que très loin à voir avec une meilleure rémunération des paysan.nes. ».

Pour appuyer ses propos le syndicat oppose ses arguments à différents articles de la proposition de loi. Par exemple, concernant l’article 1 qui « rend obligatoire et pluriannuelle la contractualisation entre producteurs et premiers acheteurs », il estime qu’il est « en soi insuffisant sans une garantie sur les prix, c’est-à-dire sans l’interdiction de vente à perte ».

Au sujet l’article 2 « qui concerne les négociations entre industriels et grande distribution, permet de sanctuariser les prix de la matière première agricole, qui ne pourra plus être négociée par ces deux maillons. », la Confédération paysanne dit mal voir « comment il permettrait de mieux rémunérer les paysan.nes si la part non négociable reste à un niveau non rémunérateur pour les paysan.nes. »

> À lire aussi : Les députés vont scruter les coopératives à la rentrée (25/06/2021)

Marie-Astrid Batut

.