Alors que le député Frédéric Descrozaille (LREM) doit remettre au ministre de l’Agriculture d’ici à la mi-avril son rapport concernant la gestion des risques, les producteurs de grandes cultures (AGPB, AGPM, CGB et Fop) ont exprimé leurs craintes vis-à-vis du futur plan stratégique national (PSN).

Les grandes cultures de la FNSEA souhaitent renforcer l’assurance récolte

« Les discussions relatives au PSN n’apportent pas de réponses aux attentes légitimes des producteurs sur la montée en puissance de l’assurance récolte ou le développement d’autres outils de gestion des risques comme le fonds de mutualisation », écrivent-ils dans un communiqué commun en date du 29 mars 2021.

Alors que les événements climatiques viennent à se répéter, les représentants des grandes cultures s’inquiètent du sort réservé au dispositif d’assurance récolte et constatent « l’absence d’orientations politiques précises et de simulations budgétaires concrètes sur ce sujet […] dans le cadre de la mise en œuvre du second pilier de la Pac. »

Pourtant, ce dispositif serait l’un des rares réellement accessibles aux producteurs de grandes cultures qui demandent donc la mise en place du règlement Omnibus pour permettre d’assurer plus largement les producteurs « pour un coût supplémentaire limité ».

La Confédération paysanne milite pour un fonds mutuel et solidaire

De son côté, la Confédération paysanne note un problème d’accessibilité du système assurantiel privé et propose une alternative avec la création d’un fonds mutuel et solidaire « qui apporterait une couverture universelle à toutes les fermes », dans un communiqué diffusé le 30 mars 2021.

Pour le syndicat, ce fonds mobiliserait les différentes productions, les interprofessions, les fournisseurs d’agroéquipements et d’intrants, les transformateurs et la grande distribution, plutôt que la Pac.

Cet outil permettrait, selon la Confédération paysanne, une indemnisation à partir de 30 % de pertes. « Toutes les fermes seraient indemnisées à 100 % jusqu’à hauteur maximale du plafond défini à l’actif, avec application d’une dégressivité », explique-t-elle.

Ainsi, un arboriculteur pourrait bénéficier d’une indemnisation à hauteur de 100 % de ses pertes si les surfaces concernent moins de 5 ha par actif, puis à hauteur de 70 % de ses pertes si les surfaces sont comprises entre 5 et 10 ha par actif et enfin à hauteur de 50 % de ses pertes entre 10 et 20 ha par actif. L’assurance privée, hors financement Pac, pourrait être sollicitée au-delà.

Alessandra Gambarini