« Les chambres d’agriculture seront mobilisées auprès des agriculteurs pour leur permettre d’utiliser au mieux l’argent du plan de relance pour leurs exploitations », a affirmé Sébastien Windsor, président des chambres d’agriculture, à l’occasion des vœux à la presse le 6 janvier 2021. Le 1,2 milliard d’euros du plan de relance affecté à la transition agricole, annoncé le 3 septembre 2020 par le Premier ministre, est pour lui une chance à saisir par les agriculteurs.

Diffuser « vite et bien »

« Les chambres d’agriculture se mobiliseront rapidement pour informer les agriculteurs », a expliqué Christophe Hillairet, leur secrétaire général. D’abord via un guide synthétique (en cours de réalisation) puis, avec l’appui de deux ou trois jeunes contrats de service civique dans chaque chambre départementale, soit 150 jeunes embauchés à l’échelle nationale, pour animer des réunions d’information. Les agents des chambres se chargeront du conseil et de l’accompagnement des agriculteurs, avec un expert par département, et jusqu’à 600 collaborateurs formés sur les mesures du plan de relance, a annoncé Christophe Hillairet.

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Haies, protéines végétales, séquestration du carbone

Les chambres seront directement à la manœuvre pour l’accompagnement des agriculteurs sur le programme « Plantons des haies ! ». « Nous pourrons offrir un service “clé en main” pour l’implantation des haies et leur gestion durable », a assuré Sébastien Windsor. Même implication de terrain pour le plan sur les protéines végétales, ou encore les mesures de séquestration de « carbone », pour lesquelles un appel à projet devrait s’ouvrir 29 janvier 2021. Les chambres espèrent aussi accompagner plus de 400 projets alimentaires territoriaux (PAT), contre 150 en 2019.

Conseil stratégique sur les phytos

Les chambres d’agriculture ambitionnent de développer leur savoir-faire pour délivrer aux agriculteurs un conseil stratégique sur les produits phytosanitaires, à coût raisonnable. Actuellement, 300 agents des chambres ont été formés et suivront chacun huit agriculteurs pendant deux demi-journées. Une période de test qui permettra d’offrir un service de qualité avant 2023, espèrent les élus, et de mobiliser des fonds Ecophyto pour prendre en charge ces conseils évalués entre 500 et 1 000 euros.

Une « mesure de transition » pour la Pac

Enfin, Sébastien Windsor compte défendre auprès du ministère de l’Agriculture une « mesure de transition », dans le cadre du deuxième pilier de la Pac, « qui soit une évolution des MAE existantes ».

Celle-ci permettrait à un agriculteur ayant un projet avec des objectifs de résultats en termes de revenu, d’emploi ou d’environnement, d’être financé pendant un à trois ans dans cette prise de risque. L’objectif serait d’emmener des milliers d’agriculteurs dans des projets personnalisés, plus ouverts que les actuelles mesures agroenvironnementales.

Sophie Bergot