« Je suis assez conscient que beaucoup de grands distributeurs sont moins sensibles à la gueulante du ministre que je suis qu’au logo de la DGCCRF », a reconnu Julien Denormandie ce 5 octobre 2021 au Sommet de l’élevage. Il répondait à la question d’un représentant de la Fédération nationale des producteurs de lait, sur les sanctions prévues par la proposition de loi sur la rémunération des agriculteurs.

« La confiance n’exclut pas le contrôle »

« C’est un peu frustrant mais c’est ainsi, a-t-il ajouté. L’année dernière, dans les six premières semaines de janvier, la DGCCRF a fait l’équivalent de six mois de contrôles. La confiance n’exclut pas le contrôle. Je pense qu’Egalim 2 va créer les conditions d’une confiance retrouvée. Et moins confiance il y a, plus contrôle il y a. Tant que les conditions d’une confiance retrouvée ne sont pas tangibles, je continuerai les contrôles. »

Et si certains étaient tentés de se soustraire à l’application de cette loi, le ministre de l’Agriculture assure qu’il veillera au grain. Aucun doute pour lui, la loi s’applique autant aux industriels privés qu’aux coopératives. La loi Egalim 2 « ne dit pas le prix payé au producteur, prévient-il. Elle va orchestrer les règles du jeu entre vous et votre coopérative, entre vous et votre industriel, entre vous et votre acheteur. »

Miser sur la contractualisation et la transparence

Grégory Besson-Moreau, le député de l’Aube qui a porté cette proposition de loi adoptée le 4 octobre 2021 par les députés et les sénateurs, enfonce le clou. La loi « Egalim 1 n’est pas une mauvaise loi car elle a mis en place tous les outils nécessaires pour permettre une juste rémunération [des agriculteurs], estime-t-il. Mais nous avions privilégié le contrat de confiance à la contrainte législative. »

Plus question de laisser le choix aux industriels sur le prix payé aux agriculteurs. « La transparence était légale, mais on ne l’imposait pas, poursuit l’élu. Les industriels vont être obligés de contractualiser avec vous sur un prix rémunérateur basé sur les indicateurs de coût de production. Ce texte c’est comment imposer aux industriels de vous rémunérer sur un prix qui vous convient, et comment protéger les industriels face à la grande distribution en mettant de la transparence. »

Éric Roussel