Les comités de suivi des négociations commerciales s’enchaînent et se ressemblent. Comme en janvier, le gouvernement menace de sanctionner les acteurs qui n’entendent pas vouloir respecter la loi.

Le tour de table regroupant les représentants de la profession agricole, des industriels et des distributeurs du comité du 23 février 2022 a illustré une « très forte hétérogénéité dans l’application de la loi Egalim 2 » ont annoncé les cabinets des ministres présents au comité de suivi. La fin des négociations est fixée légalement au 1er mars à 23h59, en plein salon de l’Agriculture.

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Une « légère inflation » sur les produits alimentaires

Sur les produits alimentaires, les négociations aboutissaient à des prix « en légère inflation ». « Quand les deux parties négocient de bonne foi et appliquent les dispositions de la loi, la hausse du prix de la matière première agricole passe », constatent les cabinets.

Une bonne foi qui n’est pas présente dans tous les box de négociations. « Certains comportements sont inadmissibles. Certaines enseignes ou certains négociateurs n’ont pas compris les changements qu’induisait la loi », ont-ils ajouté tout en prenant pour exemple les attitudes de certains industriels ou distributeurs.

« Dès que l’État les apprend, la DGCCRF (direction générale chargée de la répression des fraudes) est diligentée pour réaliser des contrôles et ils seront sanctionnés ». Un coup de bâton que le gouvernement n’a cessé de brandir tout au long des négociations commerciales qui ont commencé en novembre 2021.

Bon nombre de contrats restent à signer

Signe que les discussions sont rudes : le nombre de contrats signés actuellement est plus bas qu’à l’accoutumée. « Les taux de signature sont inférieurs de 20 points par rapport à la normale. À ce stade, 75 % de signature pour les PME et environ 30 % pour les marques nationales de grands groupes industriels », a précisé le gouvernement.

Une situation qui est d’ailleurs encore plus tendue pour les produits non alimentaires avec des taux de signature encore plus bas. Pour le gouvernement, cela montre que « la loi Egalim 2 permet quand même certaines avancées » pour les produits alimentaires.

Une tension que les cabinets expliquent par le contexte inflationniste et la guerre des prix entre enseignes pour engranger des parts de marché auprès des consommateurs.

Alexis Marcotte