Plusieurs filières agricoles présentent des signes de fragilité préoccupants et la France importe 20 % de son alimentation — le double d’il y a 20 ans —, ont alerté Pascale Boyer (LREM, Hautes-Alpes) et Julien Dive (LR, Aisne).

Les deux corapporteurs de la mission d’information sur « l’autonomie alimentaire de la France et au sein de ses territoires » rendaient publiques leurs conclusions ce 8 décembre 2021.

Un fruit sur trois importé

Leur état des lieux met en relief la dépendance de la France pour des produits importés, notamment pour les fruits et légumes (moins d’un fruit sur trois est d’origine française), les protéines végétales (40 % sont importées), la viande (40 % des volailles, 25 % du porc et 56 % des ovins sont importés) ou encore le bio (33 % importés). Et plus de la moitié de la viande consommée en restauration hors domicile (RHD) est importée (75 % pour le poulet standard).

Les députés proposent donc une « stratégie offensive » via des soutiens spécifiques aux filières fragilisées, à l’image du plan « protéines végétales » doté de 120 millions d’euros. Les filières des pommes et des poires, tout comme la volaille, pourraient en bénéficier, souligne Julien Dive.

Pérenniser le dispositif TO-DE

Encore faut-il de la main-d’œuvre pour assurer la production. À ce titre, le rapport préconise de maintenir et de pérenniser le dispositif d’allègement des charges pour les travailleurs occasionnels (TO-DE). Ainsi que d’améliorer les conditions de travail des saisonniers en renforçant le rôle des groupements d’employeurs.

Quant aux produits importés, ils doivent respecter les standards français, recommande le rapport, qui propose une négociation systématique de clauses miroirs dans les accords commerciaux. Les auteurs insistent d’ailleurs sur l’importance de signaler aux consommateurs l’origine géographique des produits, sur les étals comme en restauration collective.

Enfin, les auteurs veulent faire évoluer le cadre juridique européen pour permettre le développement des NBT (nouvelles techniques de sélection variétale). Leurs 20 propositions pourraient venir alimenter les travaux du Parlement, espèrent les deux députés.

Sophie Bergot