A deux jours du scrutin du second tour de l’élection présidentielle 2022 qui oppose Emmanuel Macron (LREM) à Marine Le Pen (RN), les syndicats agricoles choisissent ou non leur camp. Faisant référence au caractère apolitique de leurs organisations, la FNSEA, la Confédération paysanne et la Coordination rurale n’ont pas donné de consigne de vote claire contrairement au Modef.

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La FNSEA souhaite « une Europe plus forte »

Dans un courrier adressé aux responsables de son réseau du 14 avril 2022, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA n’a donné « qu’une seule consigne de vote, celle de voter » avant d’ajouter que « le bureau de la FNSEA a conscience que ce second tour de l’élection présidentielle engage l’avenir de notre pays et que deux visions sont soumises au suffrage des Français ».

Selon elle, il faut plaider pour « une Europe plus forte et plus stratège, plus reconnectée aux réalités géopolitiques et sociales et plus efficientes pour protéger ses propres acteurs économiques ».

Une approche que le syndicat oppose à « une Europe qui se désunit sur la base de visions nationales exacerbées et dont les liens entre États membres se distendent. »

Pas de consigne individuelle de la Confédération paysanne

Pour la Confédération paysanne, pas de consigne individuelle du syndicat mais, la cosignature d’un appel de la Ligue des droits de l’Homme, publié le 16 avril 2022, qui appelle à « contrer l’extrême-droite et ses idées, pas de Marine Le Pen à l’Élysée. »

Des propos qui viennent consolider ceux de Nicolas Girod, porte-parole du syndicat qui déclarait à son réseau deux jours plus tôt « qu’aucune voix ne doit être dirigée vers Mme Le Pen tant son projet politique est contraire à nos valeurs humanistes ».

La Coordination rurale pleinement neutre

La Coordination rurale a exprimé, dans un communiqué de presse du 22 avril 2022, une pleine neutralité. « Ce que défend la Coordination rurale, ce ne sont pas les personnalités politiques ou des clans politiques, mais bien l’agriculture sous toutes ses formes. Son action est dictée par une volonté de solidarité envers tous les agriculteurs, mais aussi par un esprit farouche d’indépendance vis-à-vis de toutes les organisations économiques ou politiques. »

Le Modef souhaite « faire barrage à l’extrême droite »

Dans un communiqué de presse du 19 avril 2022, le président du Modef, Pierre Thomas, appelle à « faire barrage à l’extrême droite » pour « poursuivre la démocratie et la continuité de la vie syndicale » tout en ajoutant que le Modef « ne se reconnaît pas pour autant dans la politique libérale que porte le candidat Macron. Le syndicat s’opposera à la réforme des retraites portée par Emmanuel Macron : « Nous voulons une retraite agricole à 1 200 euros pour tous à 60 ans pour une carrière complète de 37,5 ans. »

Le syndicat a profité de ce communiqué pour réaffirmer l’enjeu de l’installation des jeunes pour assurer le renouvellement des générations. « Le prochain gouvernement devra prendre à bras-le-corps la question de l’installation sinon une fin d’activité généralisée de la profession est à prévoir dans les dix ans. » Le Modef revendique notamment « l’assouplissement des règles permettant d’obtenir les aides à l’installation en repoussant la limite d’âge à 45 ans ».

Thomas Boulard