Les débats ont été « riches et denses » et ont fourni 1 082 propositions concrètes, s’est félicitée la Commission nationale du débat public, mandatée par le gouvernement pour recueillir les avis des Français sur les priorités à donner à la future Pac.

Entre février et novembre 2020, plus de 1,8 million de personnes ont pu s’exprimer selon plusieurs modalités : une plateforme en ligne, l’Assemblée citoyenne pour l’agriculture en septembre (avec 125 personnes tirées au sort, dont deux agriculteurs), 12 débats publics sur le terrain, 22 débats « maison » et des cahiers d’acteurs.

La commission retient qu’il y a un intérêt fort des citoyens pour l’agriculture et une envie de défendre à la fois les agriculteurs et l’environnement.

Des propositions concrètes

Au-delà des enjeux liés à la transition écologique et aux revenus agricoles, la Commission du débat publique souligne les préoccupations fortes des citoyens en faveur de la défense de la souveraineté alimentaire et du local. Les 1 082 propositions listées sont très précises (pages 104 à 187).

Elles concernent notamment les aides à l’actif agricole, le renforcement du deuxième pilier de la Pac, le soutien au bio, le foncier, l’accompagnement en conseil des agriculteurs, les aides à l’investissement, etc.

Le ministère pourra s’en inspirer

Le ministère de l’Agriculture dispose de trois mois, jusqu’au 7 avril 2021 au plus tard, pour préciser dans quelle mesure il prendra en compte l’avis des citoyens dans l’élaboration de son plan stratégique national (PSN) pour la Pac 2021-2027. Surtout, il devra motiver ses décisions au regard des recommandations issues du débat public.

Des attentes fortes

La plateforme « Pour une autre Pac », qui regroupe des associations paysannes (dont la Confédération paysanne, la Fnab, le réseau Civam, etc), voit dans ces propositions une confirmation de son combat « pour donner la priorité aux questions environnementales tout en rééquilibrant les rapports de force dans la chaîne de valeur au profit des paysans, […] pour assurer une production alimentaire de qualité ».

Dans un communiqué, elle enjoint le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie de s’en saisir pour réorienter la Pac.

Sophie Bergot