Le 26 mai 2021, l’association Pluriagri (1) a organisé sa première conférence d’une série de cinq webinaires sur la thématique de la rémunération des services environnementaux rendus par les grandes cultures.

Éric Thirouin, agriculteur et président de l’AGPB (2), a introduit cet événement en apportant son point de vue sur la manière d’accompagner le monde agricole vers la neutralité carbone, un enjeu fixé par l’Europe à l’horizon de 2050.

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L’agriculture, une solution au changement climatique

« Le carbone est un sujet central car c’est celui du changement climatique. L’agriculture en est effectivement une cause, mais nous sommes aussi une sacrée solution, avec cette pompe à carbone qu’est la photosynthèse », souligne le président de l’AGPB.

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En effet, Éric Thirouin estime qu’en France, les grandes cultures captent chaque année 250 millions de tonnes d’équivalent C02 (dioxyde de carbone) en solde positif (290 captés pour 40 émis).

Un label bas carbone pour les grandes cultures attendu pour juin

Opposé aux mesures coercitives, comme la taxation des engrais, et plus globalement à la logique de décroissance, Éric Thirouin considère que l’incitation économique est bien plus efficace. Le marché du carbone fait ainsi partie, selon lui, des solutions créatrices de valeur pour les agriculteurs, qui sont en capacité de produire les crédits nécessaires.

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« Nous espérons que le label bas carbone pour les grandes cultures sera reconnu d’ici au mois de juin par le ministère de l’Écologie. Nous pourrons alors réaliser des diagnostics, regarder comment on peut améliorer les pratiques, vendre cette amélioration sur un marché et ainsi rémunérer les agriculteurs sur les pratiques vertueuses réalisées », souligne Éric Thirouin.

Charlotte Salmon

(1) Pluriagri regroupe des organisations du secteur des grandes cultures (Unigrains, Sofiprotéol, Terres Univia, CGB, Association de recherche technique betteravière) ainsi que le Crédit Agricole. Son objectif est d’analyser la compétitivité des producteurs français sur ce secteur, de réaliser des études prospectives sur les marchés et de suivre l’évolution des politiques publiques.

(2) Association générale des producteurs de blé et autres céréales.