L’Agence bio n’avait que des bonnes nouvelles à annoncer, lors de sa présentation des chiffres 2019 de la production et la consommation biologiques. Avec 11,93 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019, soit 1,4 milliard de plus en un an, le marché français des produits bio s’est hissé à la hauteur du marché allemand, jusqu’ici en haut du podium européen.

Ramené au nombre d’habitants, les Français dépensent même davantage que leurs voisins outre-Rhin pour des produits bio : 178 € par habitant et par an. Un chiffre « significatif », a souligné le président de l’Agence bio Philippe Henry. Les produits bio pèsent désormais 6,1 % en valeur dans les achats alimentaires des Français.

Des créations d’emplois à tous les niveaux

Cette consommation dynamique tire la production. « Cela progresse de partout », s’est félicité Gérard Michaut, vice-président de l’Agence. « Et cette production supplémentaire se traduit par des emplois nationaux. » Résultat : en 2019, les filières bio emploient 179 500 personnes, soit 15 % de plus qu’en 2018 (+13 % dans la production, + 16 % dans la transformation et + 20 % dans la distribution).

Du côté de la production agricole, l’Agence bio dénombrait 47 196 exploitations engagées en bio fin 2019, un chiffre en hausse de 13 % en un an. Avec 113 740 emplois directs dans les exploitations, la bio représenterait 10 % de l’emploi agricole.

Les surfaces cultivées selon le mode biologique (surfaces en conversion + surfaces certifiées) atteignent 2,3 millions d’hectares, soit 8,5 % de la SAU nationale selon l’Agence bio. Elle inclut dans ce total des « surfaces non rapportées » par les organismes certificateurs, qui, selon ses estimations basées sur le projet de cartographie Cartobio, pourraient représenter 50 000 ha.

Progression dans toutes les productions

Cette forte hausse des surfaces en bio place la France au deuxième rang européen, derrière l’Espagne. Un quart des surfaces bio françaises sont en conversion, signe d’une dynamique qui ne s’essouffle pas. Toutes les grandes catégories de cultures progressent, même si les surfaces fourragères, qui couvrent 60 % de la sole en bio, affichent la progression la moins dynamique (+ 10 %). Les grandes cultures bio, parties de loin, continuent de progresser pour atteindre 570 600 ha (+ 17 % en un an). Ce qui ne pèse toujours que 4,9 % dans le total national des surfaces en grandes cultures.

En élevage de monogastriques, les conversions et installations bio restent dynamiques : + 17,8 % pour les poules pondeuses et + 27 % pour les truies. Malgré ce dynamisme, seul 1,7 % du cheptel national de truies est conduit en bio. Les cheptels de vaches laitières et chèvres bio gardent une croissance à deux chiffres, respectivement de 10 et 12 %. La progression en bovins viande et ovins est moindre (inférieure à 5 %).

Plus de 60 % de la production bio reste concentrée dans trois grandes régions : Occitanie, Nouvelle Aquitaine et Auvergne Rhône Alpes. Mais c’est dans les régions ultramarines, suivies de l’île de France, le Centre Val de Loire et les hauts de France que les plus forts taux de conversion sont enregistrés.

Qui en profite ?

Si les chiffres annoncés réjouissent l’Agence bio, c’est aussi parce que la progression du marché semble profiter à l’origine France. En effet, le taux d’importation reste stable, à 33,1 % en 2019 (contre 33,7 % en 2018). En revanche, quel maillon de la chaîne alimentaire retire le plus de bénéfices de cet engouement du consommateur ? Ce n’était pas dit dans la chanson.

On note cependant que les produits enregistrant la plus forte progression sont les produits transformés (+ 31 % pour les surgelés, notamment les glaces et pizzas, + 24 % pour la bière, + 18 % pour les produits laitiers hors lait liquide, + 16 % pour l’épicerie et les boissons sans alcool). On note aussi que c’est le secteur de la distribution qui a enregistré le plus de créations d’emplois. D’ailleurs, la grande distribution reste le lieu d’achat privilégié pour les produits bio comme pour les conventionnels.

B. Lafeuille