« D’un système administré à un système contractualisé », a expliqué Alain Guillaume, président de l’Union Gènes Diffusion, afin de définir l’impact du nouveau règlement zootechnique européen (RZE) entré en vigueur le 1er novembre 2018 sur le paysage génétique français et européen.

Des missions élargies

Pour rappel, ce texte élargit les missions des OS afin de supprimer certains « monopoles résiduels » comme celui de l’Inra sur les évaluations génétiques. Les OS sont désormais responsables de la conduite du programme de sélection, du contrôle de performances, de la tenue du livre généalogique et de l’indexation des animaux.

Cette conférence intervient avant l’agrément des OS. Les demandes, déposées en février et mars, devaient recevoir une réponse dans les deux mois mais le retour du ministère de l’Agriculture se fait attendre. « Les dossiers sont complets et les autorités ne peuvent légalement pas s’y opposer », rassure Stéphane Devillers, responsable du service juridique d’Allice.

« Des OS nouvelle génération »

Les objectifs de Gènes Diffusion sont clairs :

  • Offrir de nouvelles perspectives à ces deux races (résilience climatique, demandes en produits finis, facilité d’élevage, index économique de synthèse GD Mérit) ;
  • Élargir la dimension des programmes au niveau européen et se baser sur un fort réseau de partenaires afin de mieux maîtriser les coûts, notamment de l’indexation, pour les éleveurs faisant suite au désengagement financier de l’État qu’implique le RZE.

Ainsi, pour chacune des deux races, l’Union Gènes Diffusion sera accompagnée de France Conseil Élevage pour le contrôle de performances, des chambres d’agriculture pour le livre généalogique et de la récente structure GenEval sur le volet de l’indexation.

Un formulaire à signer

Le règlement européen sur la protection des données s’invite également dans la démarche. Les éleveurs devront signer un formulaire de rattachement aux OS, non exclusif, et de consentement sur la récolte et l’exploitation des données d’élevage. À ce jour, 5 000 signatures ont été recensées du côté de Gènes Diffusion.

« La signature donne accès à l’ensemble des services de nos OS, explique Alain Guillaume. Le rattachement est donc gratuit, tout comme l’accès aux services de base que sont l’enregistrement des animaux dans le livre généalogique, l’édition de pedigrees pour le marché français et les conseils d’accouplement. »

L’éleveur se verra également mettre à disposition un portail virtuel permettant d’accéder aux données et bilans de l’élevage (performances, génétique, pointage et reproduction) et de commander visites et documents spécifiques à l’image des certificats généalogiques et zootechniques.

Maintenir l’homogénéité des races

« Nos animaux garderont le même code race malgré l’apparition de nouveaux schémas de sélection », précise Sébastien Landemaine, responsable génétique des races allaitantes chez Gènes Diffusion. Ainsi, les standards de la race et les index historiques resteront comparables entre OS et les animaux pourront passer d’un livre généalogique à l’autre.

De même, la pondération de l’ISU et la table de pointage demeurent identiques à l’échelle nationale. « La génétique doit venir en complément des outils d’aide à la décision (OAD) pour permettre à l’élevage de résister, dans un contexte de volatilité des prix, agrandissement des troupeaux et remise en cause perpétuelle de la profession », a conclu Alain Guillaume.

A. Courty