Le 24 mars 2021, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE a publié le bilan prévisionnel du système électrique français pour 2021 à 2030. Dans les cinq années à venir, les marges de sécurité seront très faibles, voire insuffisantes, et les trois prochains hivers s’annoncent particulièrement tendus.

Le retard pris dans le développement des énergies renouvelables (EnR) en est une des causes, comme le retard d’entretien du parc nucléaire vieillissant et de la mise en service de l’EPR de Flamanville. En cas de marges insuffisantes du système électrique, des coupures pourraient avoir lieu pendant les vagues de froid. Les plus petites mailles du réseau, situées dans les campagnes, seront les plus vulnérables.

Retard de développement des énergies renouvelables

Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE, a d’ores et déjà placé « en vigilance particulière » l’hiver 2021-2022. Les retards de mise en service d’installations nuisent considérablement à la sécurité d’approvisionnement. D’une part, le réacteur nucléaire EPR de Flamanville, dont la livraison était initialement prévue en 2012, ne produira pas d’électricité au mieux avant 2023. D’autre part, les énergies renouvelables ne se développent pas au rythme prévu.

Une accélération est nécessaire dans le déploiement du photovoltaïque et de l’éolien, d’après Xavier Piechaczyk, qui met en évidence le fait que ces énergies contribuent désormais à la sécurité d’approvisionnement. La plupart des filières renouvelables ont connu une progression modérée en 2020 et accusent du retard sur les objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Plusieurs causes expliquent cette situation, de l’acceptabilité sociétale des projets, aux retards dans les travaux et livraisons liés à la crise du Covid-19.

Conséquences de la situation sanitaire

Les effets de la pandémie sur le système électrique français ne s’arrêtent pas là. Le confinement strict du printemps 2020 a totalement bouleversé et désoptimisé le planning d’entretien des centrales vieillissantes du parc nucléaire français.

Les mises à l’arrêt de réacteurs ont en effet normalement lieu au printemps et en été, quand la demande est plus faible, mais le calendrier a été perturbé. En revanche, les mesures de lutte contre le Covid ont fait chuter la consommation, ce qui a limité les périodes de tension lors de l’hiver qui vient de se terminer.

Les besoins repartent néanmoins à la hausse et elle devrait s’accélérer avec le développement des nouveaux usages et mobilités électriques. L’accent est porté sur l’importance de renforcer l’efficacité énergétique des équipements et le pilotage des consommations pour les mettre en phase avec les pics de production.

Gildas Baron