« Poulaillers vides, congélateurs pleins, revenus à zéro : la situation de bon nombre d’aviculteurs est très préoccupante, en particulier dans les filières du pigeon, du canard à rôtir, du canard gras, de la caille, de la pintade, du gibier ou du poulet de Bresse », alerte la Confédération française de l’aviculture (CFA), dans un communiqué publié ce lundi 18 mai 2020.

Des pertes de débouchés non compensées

Une situation en lien direct avec l’accumulation de pertes en raison de « la fermeture de certains débouchés (restauration, exportations) [à cause du coronavirus] non compensés par le report de consommation dans les commerces de détails », selon la CFA.

Pour les éleveurs et les accouveurs, le syndicat évalue les pertes à « près de 100 millions d’euros (M€) », dont 18,4 M€ en canard gras, 21 M€ en canard à rôtir, 45 M€ en gibier, 3,4 M€ en pintade, 4,3 M€ en pigeon, 0,4 M€ en caille et 0,4 M€ en poulet de Bresse.

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Demande de soutien des pouvoirs publics

Pour faire face, la CFA demande une prolongation jusqu’à l’automne du fonds de solidarité « pour les exploitations qui vont continuer à subir des pertes ». Elle demande également des aides d’urgence pour les éleveurs et les accouveurs particulièrement touchés.

« Sans accompagnement, plus de 35 % des éleveurs de canards à rôtir pourraient faire faillite d’ici à l’été, prévient Isabelle Leballeur, la secrétaire générale du syndicat. Pour la filière du pigeon, c’est près de la moitié du potentiel de production qui est menacée de disparition à court terme. »

Besoin de mesures européennes

Le syndicat plaide également pour la mise en œuvre de « mesures de gestion du marché ». À l’échelle européenne, il demande l’activation du dispositif communautaire d’aide au stockage privé, à hauteur de 41 000 tonnes pour les viandes de volailles et lapins, et 4 200 t pour le canard gras.

La CFA enjoint par ailleurs la Commission européenne de limiter les importations en provenance des pays tiers « en actionnant la clause de sauvegarde sur le second semestre ». Sur le territoire national, « la promotion de l’origine France doit être une priorité », souligne le syndicat.

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V. Gu.