« Est-ce qu’on va éradiquer le loup ? Non, même si je comprends l’émotion des éleveurs face à ces attaques croissantes », a déclaré le président de la République, à Gréoux-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), dans le cadre d’un grand débat consacré au thème de l’environnement et de la transition écologique.

Le cap des 500 loups dépassé

Toutefois, « aujourd’hui, on sait qu’on est passé au-dessus des 500 » loups à travers le pays, a-t-il affirmé. « C’est pourquoi le ministère a pris des dispositions très claires pour adapter le niveau des prélèvements, et passer de 10-12 % à 17-19 % », a-t-il ajouté.

« Après, il faut décliner cela avec beaucoup de souplesse, et il faut pour chaque département une réponse attachée aux réalités du terrain », a-t-il insisté, en donnant l’exemple des Alpes-de-Haute-Provence, où « les meutes sont passées de 12 à 16 en l’espace de quelques années. »

Le chef de l’État a été interpellé sur ce sujet par le président de la FDSEA du département, agriculteur à Dignes-les-Bains, selon qui les attaques de loups sont passées de 555 en 2017 à 693 en 2018 dans le département, pour 2 211 bêtes tuées, près de 600 de plus en l’espace d’un an.

« Les propos du président de la République restent incantatoires et ne sont pas de nature à répondre au malaise et à la détresse du monde rural », a réagi sur Twitter Dominique Estrosi-Sassone (LR), sénatrice des Alpes-Maritimes.

Décision en fin d’hiver

Le nombre de loups en France sera rendu public à la sortie de l’hiver, a précisé le ministère de la Transition écologique. S’il est confirmé que le seuil de 500 individus est atteint, « le taux de prélèvement maximum autorisé pour l’année 2019 pourrait être fixé à 17 % (+2 % d’ajustement possible) », a-t-il confirmé.

Ce taux « ne remettrait […] aucunement en cause la viabilité démographique de l’espèce », assure le ministère, expliquant qu’il pourra être revu à la baisse « si des indices de diminution des populations de loups en dessous du bon état de conservation étaient observés ». Les autorités ont relevé à la fin de 2018 le quota d’abattage de 43 à 51 loups, soit 12 % de la population.

En décembre, l’Office national de la chasse et la faune sauvage (ONCFS) jugeait « probable que l’effectif en sortie d’hiver dépasse les 500 loups ». Ce chiffre de 500 « correspond à un premier seuil de viabilité démographique » de l’espèce, avait ajouté l’Office, soulignant que cela était l’objectif figurant dans le « plan loup » du gouvernement, mais pour 2023.

AFP