« Je ne laisserai pas tomber votre élevage ! nous a assurés, le 15 mars 2021, le préfet référent du plan loup, Jean-Paul Celet, en visite sur notre exploitation », déclare Guillaume Menut. Une phrase réconfortante pour cet exploitant, en Gaec avec son père à La Verdière, dans le Var, qui a perdu 150 brebis en moins de 3 mois.

« Un grand nombre de responsables départementaux étaient également présents, ajoute Guillaume Menut. Cela montre que nous ne sommes pas les seuls à être concernés par les problèmes de la prédation. » Le maire de la commune, Gilles Rogier, a par exemple témoigné de la nécessité de l’élevage pastoral pour garder ouverts les paysages de la commune.

« Le préfet a aussi déclaré sa volonté de travailler pour prendre en compte les dégâts indirects des attaques de loup (avortement…) », souligne Guillaume Menut.

La brigade loup en poste pour quatre semaines supplémentaires

Les représentants de la brigade loup ont, quant à eux, fait part de leurs difficultés de répondre à toutes les sollicitations alors que leur effectif est restreint (13 personnes). Des agents de cette brigade sont présents depuis trois semaines auprès des brebis du Gaec, mais leur mission est prolongée pour au moins quatre semaines de plus.

« Le préfet a dit qu’il reviendrait à l’issue de ce délai pour dresser un bilan », ajoute Guillaume Menut. Les lieutenants de louveterie ont témoigné également de leur manque de moyens.

Revoir la définition du cercle 0

Claude Font, en charge du dossier sur la prédation à la Fédération nationale ovine (FNO), a profité pour demander que les critères de classement des communes en cercle 0 (zone où la pression est la plus intense) évoluent. Il faut actuellement une moyenne de quinze attaques par an pendant trois ans pour y prétendre.

« Même avec une pression intense, La Verdière n’est pas reconnue en cercle 0, explique Claude Font. Nous demandons que les attaques à l’échelle du Massif, et non pas à l’échelle de la commune, soient prises en compte. L’éleveur en cercle 0 peut prétendre au remboursement à 100 % des mesures de protection mise en place. »

Rappelons que Guillaume Menut et son père ont mis en place d’importants moyens de protection (clôtures, chien de protection, gardiennage…) dont 20 % sont restés à leur charge.

Informer l’opinion publique

« Nous militons aussi pour que les 50 élevages, qui subissent le plus d’attaques, bénéficient d’une analyse de vulnérabilité, ajoute Claude Font. Et s’il y a des recommandations pour des ouvertures mécaniques des milieux, créations de cabanes et/ou de chemins d’accès…), il faudra aller à la recherche de financement supplémentaire pour accompagner ces mesures. »

Autre urgence pour les exploitants convaincre l’opinion publique que l’élevage est la victime du loup et non l’inverse. « Nous devons mobiliser les réseaux sociaux pour informer les gens », insiste Guillaume Menut.

Marie-France Malterre