Dimanche 26 septembre 2021, il est 7h30 lorsque Christian Gaubert, agriculteur à la retraite, découvre dix bovins morts sur sa parcelle de Saint-Pardoux-et-Vielvic, dans le sud-est de la Dordogne. Ce sont les animaux de Cyril Malartigue, qui loue les terres depuis quatre ans à la suite de son père.

Quatre vaches et six veaux frappés par la foudre

« C’est du jamais vu ! Son père, qui travaillait sur l’exploitation avant lui, n’a jamais vécu ça non plus », relate Madame Gaubert, propriétaire avec son mari des parcelles qu’ils louent à Cyril Malartigue.

Samedi 25 septembre au soir, alors que le couple est dans la cuisine, un violent orage éclate. « Nous n’avons pas osé sortir, se justifie-t-elle presque, mais mon mari y est allé dès le lendemain matin », le dimanche.

Et c’est avec affolement que cet ancien agriculteur découvre les quatre vaches, de races limousine et blonde d’Aquitaine, et six veaux allongés, statiques, sous un chêne fendu par la foudre. « Ils se sont abrités sous l’arbre et ils ont été foudroyés ! », explique-t-elle.

Un spectacle morbide auquel assiste seul Christian Gaubert. « Il m’a appelé en catastrophe, il était affolé, raconte Cyril Malartigue. Je pensais que mes vaches s’étaient échappées, mais il m’a dit qu’elles avaient pris la foudre. »

Une fois la traite de son troupeau terminée sur un autre site à Bouillac, dans la ferme familiale qu’il a reprise, le jeune éleveur se précipite rejoindre son propriétaire à Saint-Pardoux-et-Vielvic.

Les bovins retrouvés morts foudroyés dans un champ de la Dordogne ont été retirés du site pour permettre au service d’équarrissage d’intervenir. © Cyril Malartigue

Un fait d’une ampleur « rarissime »

« J’ai pu constater l’horreur de la chose, décrit-il. C’est très dur à voir, poursuit-il encore sous le choc. Plutôt que d’aller dans la stabulation où elles ont un accès libre, elles sont allées sous ce chêne, car elles n’ont pas peur de l’orage. »

Un fait « rarissime », selon l’expert des assurances venu sur place dès lundi soir. « Il m’a expliqué que c’est déjà arrivé que des bêtes soient foudroyées, mais pas d’une telle ampleur, j’en ai perdu dix d’un coup. » Une fois l’expertise établie, Cyril Malartigue a dû les dégager du champ à l’aide de son tracteur pour l’intervention du service d’équarrissage.

Le mardi matin, Cyril Malartigue et son propriétaire ont fermé la zone pour pouvoir ressemer et éloigner les mères des veaux morts qui continuaient de les appeler. Sur les trente limousines et une soixantaine de montbéliardes, Cyril Malartigue en a donc perdu dix. « C’est une grosse perte. J’ai fait ma demande auprès des assurances. J’attends maintenant d’être indemnisé pour pouvoir rebondir. »

Oriane Dieulot