Selon les éleveurs, ce sont 400 animaux, vaches, génisses et veaux, qui sont morts depuis l’installation du parc éolien près de Puceul, dans la Loire-Atlantique. Les deux exploitations les plus touchées sont celles de Murielle et Didier Potiron et de leur voisine Céline Bouvet. Cette dernière, soutenue par l’association Animaux sous tension, vient de déposer plusieurs plaintes contre quatre ministres et contre X pour « administration de substances nocives ».

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Un rapport d’enquête attendu à la fin de janvier

Dès la mise en place du parc éolien en 2012, les vaches auraient changé de comportement, certaines sont mortes, d’autres ont eu des problèmes de fécondation. Une commission d’enquête des ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture doit rendre son rapport d’ici à la fin de janvier. La préfecture assure que les investigations « n’ont jusqu’à présent pas démontré de lien de causalité entre les troubles constatés et le fonctionnement du parc éolien ».

Installée à Saffré, au nord de Nantes, Céline Bouvet, 46 ans, a déposé cette plainte auprès de la commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR), a fait savoir son avocat, maître Fabrice Di Vizio, du barreau de Paris. Sont visés le Premier ministre, Jean Castex, le ministre de la Santé, Olivier Véran, l’actuelle ministre la Transition écologique et solidaire, Barbara Pompili, et son ancienne titulaire, Elisabeth Borne.

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Devant deux instances

La plainte a été déposée pour « complicité par aide à l’administration de substances nocives », à titre principal, et pour « omission de combattre un sinistre », à titre subsidiaire, a détaillé l’avocat à une correspondante de l’AFP. Céline Bouvet a également déposé en fin de semaine une plainte contre X pour « administration de substances nocives » devant le tribunal judiciaire de Nantes.

« Le cas de cette agricultrice est emblématique de l’absence de débat sur l’impact sanitaire de l’éolien en France », a commenté Fabrice Di Vizio. « On stigmatise ces riverains en refusant de reconnaître leurs troubles et en les accusant d’être contre le progrès que représenteraient les éoliennes. » Cette éleveuse entend ainsi dénoncer « l’inaction de l’État » face aux « nuisances sur la santé animale et humaine » dont serait responsable, selon elle, un parc de huit éoliennes.

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Myriam Guillemaud, avec l’AFP