Le feu a été allumé mi décembre en Ille-et-Vilaine avec l’organisation des feux de la détresse partout dans le département. Depuis il couvait. Il s’est ravivé depuis une semaine avec de nombreuses actions menées à l’appel des FDSEA de la Région Bretagne et des JA.

Cellule de crise porcine

Le jeudi 20 janvier 2022 après-midi, dans les Côtes-d’Armor, deux convois d’une quarantaine de tracteurs au total, l’un parti de Lamballe, l’autre de Guingamp ont convergé vers la préfecture de Saint-Brieuc où se tenait une cellule de crise sur le porc. Près de 300 producteurs s’étaient massés sur la place attenante au pied des tracteurs.

Le préfet est venu à leur rencontre en début de soirée après avoir contacté le cabinet du ministre de l’Agriculture. Pas suffisant pour certains qui ont terminé la soirée en réalisant des contrôles de camions frigorifiques sur la nationale 12.

Quelques jours auparavant, des réunions syndicales organisées dans le Finistère et les côtes-d’Armor avaient fait salle comble avec plus de 200 producteurs réunis à chaque fois, signe perceptible du désarroi qui règne dans la campagne.

Laïta et GMS

Ce vendredi midi, ce sont les producteurs de lait qui ont pris le relais. Près de 80 producteurs de lait se sont retrouvés devant le siège de Laïta à Brest, acteur industriel majeur dans le Finistère pendant qu’une délégation était reçue par la direction.

Au même moment, tous les producteurs du Morbihan étaient invités à se réunir sur les ronds-points aux abords des GMS à Ploërmel, Vannes, Pontivy et Lanester. Ils étaient près de 200 sur les quatre points de rassemblements.

Des aides d’urgence « quoi qu’il en coûte »

Prix de l’aliment, carburant, engrais… la hausse des charges est dans toutes les bouches. En production porcine, il y a une urgence. « C’est la première fois qu’il y a un tel effet ciseaux avec une telle augmentation des charges alors que le prix du porc est tombé 1,248 €/kg au marché au cadran de Plérin. Il ne couvre pas les coûts de production. Et d’autant plus que les perspectives ne sont pas bonnes car le prix des céréales continue de monter », alerte Fabienne Garel, présidente de la FDSEA des Côtes-d’Armor.

Les éleveurs travaillent à perte. Le montant des pertes est estimé à 100 000 € en six mois pour un élevage moyen de 200 truies. Ils réclament des aides d’urgence. « ll faut que le quoi qu’il en coûte, décidé par le gouvernement au plus fort de la crise Covid, s’applique aussi à la production porcine puisque nos difficultés sont une conséquence de la pandémie » explique Philippe Cherdel, secrétaire général de la FDSEA 22.

Faire appliquer Egalim

La mobilisation importante témoigne du désarroi des éleveurs de porcs mais aussi des autres productions comme les producteurs de lait qui subissent les conséquences du Covid qui pèsent sur les comptes des exploitations. Pour le moyen et long terme, les producteurs comptent sur l’application de la loi Egalim.

© FDSEA 56

En période de négociations commerciales, l’objectif est clairement affiché. « Il s’agit de se faire entendre pour que nos coopératives obtiennent des hausses auprès de la grande distribution », explique Philippe Laurent, producteur de lait près de Brest. Des actions sont prévues dans les jours à venir pour maintenir la pression. Pour les éleveurs : « La guerre des prix sous prétexte de préserver le pouvoir d’achat doit cesser. »

Isabelle Lejas