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Le marché du porc européen s’encombre

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Filière - Le marché du porc européen s’encombre

Face au ralentissement des achats de la Chine depuis avril 2021, la demande intérieure européenne ne suffit pas à absorber la production.

Plus que jamais, la Chine souffle le chaud et le froid sur le marché du porc, au point d’effacer la traditionnelle hausse des cours estivale. « Le marché européen croule sous d’énormes volumes de viande depuis le retrait brutal des acheteurs chinois », constate le Marché du porc breton (MPB), dans une note publiée le 5 juillet 2021.

Si les importations de l’empire du Milieu ont été soutenues début 2021, elles ont marqué le pas à partir de la fin du premier trimestre. Selon l’Institut du porc (Ifip), les exportateurs européens ont vu leurs ventes vers les pays tiers baisser de 14 % entre mars et avril, plombées par le retrait de la demande asiatique. La France fait exception avec une sensible progression de 1 % des volumes exportés. « En revanche, moins de produits français trouvent des débouchés sur le marché intracommunautaire », tempère l’institut.

Pour Boris Duflot, économiste à l’Ifip, la moindre demande chinoise pourrait s’expliquer par des abattages massifs en raison d’une recrudescence de l’épizootie de peste porcine africaine (PPA). Lors de l’assemblée générale du MPB le 1er juillet 2021, Fanye Meng, représentant de l’interprofession (Inaporc) en Chine, avance de son côté une surproduction locale ponctuelle liée à la commercialisation de porcs lourds. Il évoque par ailleurs l’intervention de l’empire du Milieu sur les stocks, afin de garantir l’approvisionnement de la population et de protéger les éleveurs de la chute des cours.

Car ces soubresauts ont occasionné une dégringolade du prix du porc en Chine (- 49 % sur un an en juin). « Une grande partie des élevages sont passés sous le seuil de rentabilité », précise l’Ifip. Le prix de la viande a même retrouvé son niveau d’avant la crise de la PPA, selon l’Institut.

Le recul saisonnier de l’offre européenne ne suffit pas à enrayer le repli des cours. © Sébastien Champion

Du côté des places européennes, l’heure n’est donc pas au beau fixe. Les pays très orientés à l’export paient en particulier un lourd tribut.

Vague baissière

C’est le cas du Danemark et des Pays-Bas, dont les références ont reculé respectivement de 8 et 12 centimes du kilo sur le mois de juin. Du côté de l’Espagne, premier fournisseur mondial de la Chine, « le marché est clairement sous tension », rapporte le MPB. Les opérateurs ibériques n’ont d’autre choix que de « concéder de fortes baisses de tarifs sur les pièces vendues en Europe ».

Après avoir résisté sur le début du mois de juin, le cours du porc français a suivi cette tendance baissière. Au cadran de Plérin, le prix de base affichait 1,420 €/kg le 5 juillet 2021, contre 1,547 € le 17 juin, un mois plus tôt. Dans un contexte de demande intérieure calme, « le commerce français reste confronté à la concurrence d’autres viandes européennes », analyse le MPB.

Vincent Guyot
Vers une reprise de la demande asiatique ?

Dans le marasme ambiant, les données d’exportations du Brésil, déjà disponibles pour juin 2021, laissent espérer une reprise du commerce avec l’Asie. Selon l’Ifip, les envois brésiliens de viandes et de coproduits du porc ont progressé de 5 % vers la Chine et de 3 % vers Hong-Kong par rapport à mai. « Le Brésil, quatrième fournisseur de la Chine, représente seulement 10 % de la demande chinoise, mais ce regain des exportations en juin interroge sur la durée du ralentissement des ventes vers la Chine que connaissent les autres fournisseurs du pays », observe l’institut. Cette tendance devra donc être confirmée dans les semaines et les mois à venir. Selon Fanye Meng, en Chine, une période plus propice à la consommation de viande porcine s’ouvre à partir de septembre, en raison d’un temps plus froid et de la présence de jours fériés.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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