« Au début du dernier épisode d’influenza aviaire, en novembre 2021, l’impact sur la filière de l’oeuf a été très limité, car les palmipèdes et les volailles de chair étaient les principales victimes. Mais le rebond épidémique de février 2022, dû aux migrations ascendantes, a touché des sites stratégiques dans les Pays de la Loire », retrace Philippe Juven, président du Comité national pour la promotion de l’œuf, lors d’une conférence de presse le 12 mai 2022, à Paris.

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3 millions de poules abattues

Selon le responsable, la Région recense 18,6 % des poules pondeuses en France, et près de 40 % des poussins qui donneront les futures pondeuses. Or sur le cheptel français de 48 millions de poules, près de 3 millions ont été abattues en raison de l’influenza aviaire, ainsi que 800 000 poulettes. À l’échelle européenne, 15 millions de poules pondeuses ont été abattues. « C’est la pire épizootie de l’histoire », appuie Philippe Juven

En conséquence, le président du CNPO table sur un recul de 8 à 9 % de la production française d’œufs en 2022. « Des élevages resteront vides pendant plusieurs mois, car les cycles sont longs au sein de la filière, souligne-t-il. L’élevage de poulettes dure 5 à 6 mois avant qu’elles soient mises en production. »

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Demandes d’accompagnement

Pour faire face à une telle crise, l’interprofession demande une prise en charge des périodes de vide en élevage, « à 100 % et pendant toute leur durée ». Elle juge également nécessaire l’indemnisation des poules abattues en raison de l’influenza aviaire, ainsi que des œufs déclassés en ovoproduits.

Pour Philippe Juven, les pertes de tous les maillons de la filière (couvoirs, fabricants d’ovoproduits, fabricants d’aliments, abattoirs, transporteurs…) doivent être pises en compte. « Les impacts sur les élevages situés dans les zones indemnes du virus doivent aussi être considérés, souligne le président de l’interprofession. Nous sommes en recherche de solutions pour les accompagner. »

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Vincent Guyot