« Nous leur demandons d’appliquer la loi Egalim en indexant le prix des œufs sur les coûts de production », explique Éric Guellaff, vice-président de l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB). C’est pour requérir une augmentation du prix de l’œuf qu’une centaine d’agriculteurs s’est réunie le vendredi 11 février 2022 devant le siège social de Carrefour à Massy-Palaiseau (Essonne).

Des discussions entamées avec Carrefour

Selon Patrick Hamon, agriculteur et représentant de la filière de l’œuf pour la FDSEA des Côtes-d’Armor, l’interprofession (CNPO) de l’œuf, dont fait partie la grande distribution, a voté à l’unanimité l’indexation du prix de l’œuf sur l’indice poule pondeuse de l’Itavi, conformément à la loi Egalim 2.

Cet indice prend en compte l’évolution des coûts de production et en particulier de celui des matières premières. Si certaines enseignes de grandes distributions comme Lidl, Intermarché ou Leclerc ont accepté de faire évoluer à la hausse leur prix d’achat, d’autres, comme Carrefour s’y refusent, explique Patrick Hamon.

Toutefois, suite à la manifestation Carrefour a reçu une délégation de ces producteurs lors d’une réunion au « climat très cordial », selon le groupe. Pendant cette réunion, des centaines d’œufs ont été lancées sur les vitres du bâtiment par les producteurs.

Une « porte ouverte » aux importations

« Si on n’obtient pas gain de cause, ce sont les importations en provenance de la Pologne, de la Roumanie ou du Maroc, raconte Anthony Salmon, producteur d’œufs dans la Mayenne. Quand on démonte nos cages, les Marocains les remontent. » Selon lui, les éleveurs d’autres pays produisent avec des coûts de production inférieurs.

Carrefour dit s’être « engagé sur une revalorisation de prix et sur l’indexation automatique trimestrielle de l’indice Itavi », reconnu par la filière et qui mesure le coût des matières premières nécessaires pour alimenter les volailles.

Carrefour a annoncé avoir trouvé un accord sur 70 % des volumes avec les intermédiaires mais sans préciser les termes de cet accord. Une nouvelle rencontre avec l’enseigne de distribution est prévue mardi prochain.

Deux centimes par œuf en conventionnel

Cependant, ces propos semblent être à nuancer puisque les producteurs veulent prendre pour base de référence l’indice Itavi d’août 2020, quand le prix des matières premières a commencé à grimper, mais les représentants de Carrefour « ne nous disent pas quelle date est prise en compte pour mesurer l’augmentation », ont déclaré les producteurs à l’issue de la réunion. En tout cas, la loi Egalim 2 « est appliquée strictement » par Carrefour, a affirmé le groupe à l’AFP.

L’augmentation demandée par les manifestants est de 2 centimes par œuf conventionnel et 5 centimes par œuf bio. Comme l’a expliqué à Carrefour Denis Parurel, agriculteur et administrateur du CNPO, cela représente une augmentation de 4,6 euros par an pour le consommateur en filière conventionnelle.

Renaud d’Hardivilliers