« L’État est complètement dépassé par la problématique de la prédation du loup », déclarait Claude Font, de la Fédération nationale ovine, à la sortie de la réunion du groupe national loup qui se déroulait à Lyon le 15 février. Le préfet référent en charge du dossier loup, Xavier Doublet, parle désormais d’un effectif de 550 loups.

Pour autant, l’État semble décidé à prendre des mesures d’aides pour les éleveurs qui subissent le plus la pression du prédateur. La Fédération nationale ovine et la Confédération paysanne reconnaissent que des propositions présentées lors de la réunion « comportent des avancées pour les éleveurs. »

Création d’un cercle 0

La création d’une nouvelle zone au sein du cercle 1 en fait partie. Il s’agit d’un « cercle 0 » qui devrait concerner les éleveurs qui concentrent le plus d’attaques. Ceux-ci pourraient bénéficier d’aide pour que des bergers soient présents 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 auprès des troupeaux afin de faire baisser la pression. Autre mesure qui pourrait voir le jour : le dossier unique pour regrouper la demande d’aide pour les mesures de protection et celle pour le tir de défense.

L’Etat pourrait aussi prévoir de nouvelles modalités pour les prélèvements de loups et relever le taux, actuellement de 10 à 12 % de l’effectif total, mais les associations « environnementalistes », devraient appuyer pour modérer la hausse.

Les lieutenants de louveterie devraient être mis davantage à contribution. « Tous les départements ne sont pas logés à la même enseigne en ce qui concerne le financement de matériel et l’indemnisation des frais de déplacement, regrette Thomas Vernay, de la Confédération paysanne. Nous sommes aussi déçus au sujet de l’indemnisation. La revalorisation des pertes directes a été prise en compte, mais pas celle des pertes indirectes comme nous le demandions. Les petites exploitations devraient être davantage pénalisées. Il n’y aura pas de prise en charge des moyens de protection à 100 %, comme l’avait préconisée la Commission européenne dans une note à la fin de l’année dernière. »

Conseil scientifique

Le président du tout nouveau conseil scientifique du plan loup, Pierre Taberlet, a été présenté lors de la réunion. Ce conseil sera chargé d’assurer une expertise permanente sur les études et expérimentations qui s’inscrivent dans le plan national loup. 16 membres le composent et ils se répartiront au sein de trois commissions : vulnérabilité du système pastoral, acquisition de nouvelles connaissances, services écosystémiques.

M.-F. M.