À moins de deux mois de l’interdiction de la castration à vif des porcs mâles, prévue le 31 décembre 2021, le ministère de l’Agriculture en a précisé les modalités, par la publication d’un arrêté et d’une instruction technique, le vendredi 19 novembre 2021.

À partir du 1er janvier prochain, la castration chirurgicale devra être réalisée soit avec anesthésie et analgésie par d’autres moyens que le déchirement des tissus, soit par immuno-castration. Des ressources documentaires sont d’ores et déjà accessibles sur le site de l’Institut du porc (Ifip) (1). L’élevage de mâles entiers est également une alternative à l’interdiction de la castration à vif.

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Deux formations obligatoires

Afin de pouvoir réaliser eux-mêmes la prise en charge de la douleur, les éleveurs qui poursuivront la castration devront obligatoirement valider deux modules de formation.

Le premier, à vocation théorique, doit être réalisé sur internet. Il a été développé par l’Ifip et vise à « enseigner les gestes techniques liés à l’acte de castration et à l’administration des anesthésiques et analgésiques » et « rappeler les règles d’usage des médicaments vétérinaires ». Il sera disponible à partir du 1er décembre 2021 et doit être validé « avant la réalisation du premier chantier de castration sous anesthésie locale et analgésie. »

Le second module doit être réalisé dans les six mois suivant le premier. Il s’agit cette fois d’une formation pratique, dont les modalités « seront fixées ultérieurement par instruction technique, précise le ministère de l’Agriculture. […] Les détenteurs et salariés, en activité au 1er janvier 2022, doivent avoir suivi la formation pratique sur site après avoir suivi le module théorique et au plus tard le 31 décembre 2022. »

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Contractualisation requise pour les mâles castrés

Sur le volet économique, la castration des porcs sera conditionnée « soit à l’existence d’un signe de qualité, soit à la signature d’un contrat Egalim 2 qui lui garantit la prise en compte des coûts de production, indique l’entourage du ministre de l’Agriculture. Les exceptions prévues par la loi Egalim 2 s’appliquent également : vente directe, petits éleveurs… »

La rue de Varenne estime que le contrat sera le socle de la négociation commerciale et permettra de prendre en compte les surcoûts liés à la castration. « Dans les contrats, les prix sont librement négociés sur la base des indicateurs de coût de production, note le cabinet du ministre de l’Agriculture. Des négociations sont en cours entre éleveurs, coopératives et abatteurs. »

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(1) www.ifip.asso.fr/fr/centre-de-ressources-castraBEA

Vincent Guyot