« Durées d’élevage longues, races locales où les risques d’apparition de molécules odorantes sont plus élevés, investissements récents en biosécurité qui ne permettent pas de séparer mâles et femelles », tels sont les obstacles à l’élevage de mâles entiers en plein air listés Confédération paysanne, dans un communiqué publié le 15 septembre 2021.

Le syndicat estime en effet que la castration est une condition pour le maintien d’élevages qui assurent « des conditions de vie favorables à l’expression des comportements », « le respect de tout cahier des charges officiel imposant le plein air », ainsi que « la possibilité de durées d’élevage souvent plus longues en circuits courts et pour l’élevage de races locales. »

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« Préserver les circuits courts »

Alors l’arrêté du ministère de l’Agriculture détaillant les modalités de l’interdiction de la castration à vif [prévue au 31 décembre 2021, NDLR], se fait toujours attendre, la Confédération paysanne préfère anticiper.

« Le projet d’arrêté garde la possibilité de castrer, avec prise en charge de la douleur obligatoire, uniquement quand un contrat avec un industriel ou quand un cahier des charges officiel l’impose. Ce que ne prévoit pas l’immense majorité des cahiers des charges officiels et notamment de l’Agriculture biologique », constate l’organisation syndicale.

Par conséquent, afin de « préserver l’avenir des circuits courts et de l’élevage plein air », la Confédération paysanne a demandé au ministre de l’Agriculture que « les critères de dérogations soient élargis et prennent en compte : le respect de tout cahier des charges officiel imposant le plein air, la vente directe, la vente en petites quantités et l’élevage de races locales. » « Le ministre n’a pas fermé la porte », précise le syndicat.

Avoir le temps de se former

La Confédération paysanne souhaite par ailleurs obtenir un « délai pour mettre en œuvre la prise en charge de la douleur dans de bonnes conditions ». « Les protocoles ne sont même pas encore validés, encore moins connus… Comment imaginer une amélioration de la bientraitance animale si ces protocoles sont mis en place dans la précipitation, sans même avoir le temps de s’y former ? », questionne-t-elle.

Vincent Guyot