L’étude (disponible en anglais), basée sur l’analyse de quelque 97 000 échantillons de fruits frais (pêches, fraises, cerises, pommes, etc.), affirme que près d’un échantillon sur trois (29 %) était contaminé par des traces de pesticides chimiques candidats à la substitution, contre 18 % en 2011.

Il s’agit du pourcentage d’échantillon où ces produits ont été détectés. Le seuil de détection s’abaisse progressivement avec les progrès technologiques, et est généralement situé en dessous de 0.01 mg/kg).

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Contamination plus faible pour les légumes

PAN Europe (Pesticide Action Network) assure ainsi que la moitié des échantillons de cerises était contaminée par ces traces de pesticides en 2019 (contre 22 % en 2011), plus du tiers (34 % contre 16 %) pour ceux des pommes, le fruit le plus produit sur le continent. Les fruits les plus contaminés sont les mûres (51 % des échantillons), les pêches (45 %), les fraises (38 %), les cerises (35 %) et les abricots (35 %), sur les neuf années étudiées.

Pour les légumes, la contamination est plus faible car ils sont moins sujets aux insectes et aux maladies : 13 % des échantillons étaient concernés en 2019 (11 % en 2011), les légumes les plus concernés étant le céleri (50 %), le céleri-rave (45 %) et le chou kale (31 %).

Appel à des mesures fortes

Depuis 2011, relève PAN Europe, les États membres sont censés encourager les produits de substitution pour limiter autant que possible le recours à ces pesticides de synthèse considérés comme les plus à risque, et dont l’autorisation est plus strictement réglementée dans l’Union européenne. Au niveau national, cette autorisation doit notamment faire l’objet d’une évaluation comparative avec les produits de substitution, est-il rappelé.

L’ambition de Bruxelles, arrêtée en 2020, est de réduire de moitié d’ici à 2030 le recours à ces pesticides les plus dangereux. « S’il n’y a pas de mesures fortes, on ne voit pas comment cet objectif pourrait être respecté », a indiqué à l’AFP Salomé Roynel, de PAN Europe, qui rappelle que la Commission a le pouvoir de rappeler à l’ordre les pays « défaillants sur ce sujet ».

Cinq principales revendications

À l’occasion d’une conférence de presse organisée par Générations futures ce mardi 24 mai 2022, Salomé Roynel a énoncé les principales demandes de son organisation vis-à-vis de ces substances candidates à la substitution, à l’échelle de l’Union européenne :

  • Le retrait immédiat des 12 substances les plus dangereuses, parmi les 55 listées par la Commission européenne ;
  • La substitution de toutes les substances candidates à la substitution d’ici à 2030 ;
  • La révision du document de guidance sur la substitution en 2022 ;
  • Un objectif de zéro résidu dans l’alimentation d’ici à 2035 ;
  • La fin d’un système de prolongation systématique des substances candidates à la substitution.
C.S., avec l’AFP