Après plusieurs nuits d’intense froid nocture, les dégâts sur les betteraves interviennent notamment dans des régions où la jaunisse avait le plus durement frappé en 2020, comme par exemple l’Île-de-France et le Centre, note la CGB (Confédération générale des producteurs de betteraves) dans un communiqué de presse paru le 12 avril 2021.

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Plus de 600 €/ha de pertes

Entre le sur­coût de ressemis et les pertes de potentiel de rendement liées à des implantations plus tardives, le syndicat chiffre les pertes à plus de 600 €/ha. D’autant que la réglementation interdit la possibilité de ressemis avec des semences traitées aux néonicotinoïdes. Et ceux qui souhaitent à la place implanter du maïs ne le peuvent pas, à cause des contraintes de succession culturale liées à la dérogation pour ces traitements de semences.

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20 000 ha touchés au sud de Paris pour Cristal Union

La coopérative Cristal Union a d’ores et déjà annoncé qu’elle offrait exceptionnellement les semences aux planteurs touchés pour qu’ils puissent réimplanter rapidement des betteraves. Le groupe sucrier chiffre à environ 20 000 ha les surfaces perdues rien qu’au sud de Paris, zone la plus précoce.

Dans cette région, « 70 % des parcelles sont détruites avec un grand nombre d’agriculteurs avec 100 % gelés », détaille Olivier de Bohan, président du groupe. Sans compter les parcelles atteintes dans les autres zones de production. En Champagne par exemple, 15 à 20 % de dégâts sont notés. Olivier de Bohan craignait aussi les conséquences du gel de ce début de semaine pour le Grand Est et les Hauts-de-France, sur des sols humides après les pluies du week-end.

Semences gratuites

La décision de fournir gratuitement les semences de betteraves est un « vrai coup de pouce ». « Il a fallu réagir très vite, explique Olivier de Bohan. Les semenciers ont été rapidement sollicités. »

Il insiste : « Il s’agit d’une décision non seulement politique par solidarité envers les producteurs touchés mais aussi économique dans l’intérêt non seulement des planteurs mais du groupe dans son ensemble. »

« Dispositif ambitieux de gestion des risques »

« La filière betteravière française n’a jamais connu de telles pertes liées au gel ! », lance la CGB. Pour Franck Sander, son président, « cet épisode de gel quelques mois après la jaunisse constitue une nouvelle catastrophe pour les betteraviers et vient fragiliser certains bassins de production ainsi que nos outils industriels. »

Et de poursuivre : « Travaillons sur les différents pas de temps : à court terme, débloquons des mesures de soutien exceptionnel ; à moyen terme, bâtissons un dispositif financier pour affronter le risque jaunisse ; à long terme, intégrons dans notre plan stratégique national un dispositif ambitieux de gestion des risques économiques, climatiques et sanitaires tel que le permet le règlement Omnibus. »

Isabelle Escoffier