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Calculez votre score agroécologique

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Indice de régénération - Calculez votre score agroécologique
Le taux annuel de couverture des sols est l’un des critères évalués par l’indice de régénération, mis à disposition des sols par l’association « Pour une agriculture du vivant le 17 mai 2021 ». © Pour une agriculture du vivant

L’« Indice de régénération », mis en ligne par l’association Pour une agriculture du vivant, permet aux agriculteurs d’évaluer le score agroécologique de leur système de production sur cent points.

À l’occasion de la semaine de l’Agriculture française, l’association Pour une agriculture du vivant a mis en ligne le 17 mai 2021 son outil de mesure de la transition agroécologique à l’échelle d’une exploitation, nommé « indice de régénération ». Il est disponible en open source sur une plateforme en ligne, qui propose également un catalogue de formations.

Huit axes

« Il s’agit d’un calculateur qui permet de positionner chaque système de production sur une échelle de 0 à 100, explique Anne Trombini, directrice du mouvement. Cet indice a été créé par et pour les agriculteurs et techniciens, et avec notre comité scientifique européen spécialiste des sujets agronomiques ».

Il est construit autour de huit axes :

  • couverture du sol,
  • travail du sol,
  • carbone,
  • azote,
  • gestion phytosanitaire,
  • biodiversité,
  • agroforesterie
  • et formation.

Toutes les agricultures

Agriculture conventionnelle, de conservation des sols, biologique, haute valeur environnementale… L’outil peut être utilisé pour tout type de production. Il est pour l’heure développé pour les grandes cultures et production légumière industrielle, ainsi que pour l’arboriculture. Des déclinaisons pour le maraîchage, l’élevage et la viticulture devraient voir le jour d’ici à la fin de l’année.

Créer de la valeur

« C’est un outil très simple et très rapide, assure-t-elle. Un diagnostic peut être fait en quinze minutes si on est dans une logique de test et d’accompagnement agronomique. Un diagnostic très complet, qui a pour objectif de créer de la valeur dans les filières, prend lui environ deux heures. »

Ce dernier peut en effet être reconnu et validé via un processus qualité pour pouvoir être valorisé par les filières adhérentes à l’association. « L’intérêt de cet outil, qui est simple mais pas simpliste, c’est de pouvoir parler un langage commun au sein des filières, sur des sujets qui sont extrêmement complexes », estime Anne Trombini.

Pour une agriculture du vivant estime que cet indice pourrait même être utilisé dans les politiques publiques, comme la Pac ou les PAT (projets alimentaires territoriaux) par exemple. Mais l’outil est d’abord conçu pour engager les agriculteurs dans une démarche de progrès agronomique.

Ferme fictive : un score de 76/100

À titre d’exemple, l’association fait une démonstration avec une ferme type. Jean, céréalier dans l’Oise, cultive 140 ha de terres limono-argileuses à 1,3 — 2,4 % de matière organique : blé tendre, orge d’hiver, colza, lin fibre, betterave sucrière, pomme de terre et sarrasin. Il implante systématiquement des couverts végétaux diversifiés entre les récoltes d’été/automne et les cultures de printemps, dans un système sans labour de TCS dominant (vibroculteur, strip till), et semis direct si possible. Il fait quelques apports de matière organique sous forme de compost de déchets verts. Son score est de 76/100.

Une fois le diagnostic réalisé, le score obtenu est détaillé pour chacune des huit thématiques.© Pour une agriculture du vivant

Pour communiquer, 40/100 au minimum

Le score minimal requis pour valoriser le fait qu’une ferme est engagée dans une transition agroécologique auprès des partenaires de l’association est fixé à 40/100. L’association est notamment soutenue par Flunch, Système U, Brioche Pasquier, Blédina ou encore Cristal Union.

À ce jour, l’indice de régénération a été testé sur une centaine d’exploitations. « Nous n’avons jamais atteint le score de 100/100, et c’est une bonne nouvelle car l’objectif est d’engager les agriculteurs dans une démarche de progrès, explique Alexandre Boidron, coordinateur technique. Mais les scores de 76, 80, 90… sont déjà très bons. » Il estime qu’il y a de nombreuses manières d’obtenir de tels niveaux. « Cela a même été la ligne de conduite de la création de l’outil. Cela donne le champ libre dans les manières de progresser », souligne-t-il.

L’association vise un déploiement sur plus de vingt mille fermes dans les trois prochaines années.

Hélène Parisot
Réconciler les agricultures

L’objectif de « Pour une agriculture du vivant » est de fédérer autour de l’agroécologie (que l’association définit comme l’action de produire tout en protégeant), sans opposer les différents modèles d’agriculture. « Nous avons doublé en 2020 le nombre de nos adhérents, on voit bien que ce discours porte de plus en plus, et que les acteurs sont en recherche de sens », estime Anne Trombini.

L’association compte à ce jour un peu plus de 660 adhérents, dont environ 600 agriculteurs, pour qui l’adhésion est gratuite. Parmi ces derniers, 49 % sont en agriculture biologique, 30 % en conventionnel, 17 % en haute valeur environnementale (HVE). Les autres membres sont des entreprises cotisantes (amont agricole, structures de l’agroalimentaire, partenaires techniques et financiers).

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