Les fraises espagnoles ont fortement concurrencé les premières fraises françaises arrivées en mars sur les étals, ce qui a eu pour conséquence de faire chuter les prix. La crise sanitaire du coronavirus a ensuite frappé de plein fouet la filière déjà fragilisée : arrêt quasi-total de la restauration hors domicile d’abord, puis fermeture des marchés de plein air et des frontières.

FranceAgriMer a alors déclaré la fraise en situation de crise conjoncturelle le 23 mars. Cela a duré 10 jours avec des cours au plus bas qui ne couvraient pas les coûts de production, selon Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture dans sa note d’Infos rapides diffusée le 19 mai 2020.

Les prix des fraises à la production ont chuté en mars 2020. © Agreste

Une réaction rapide

Les producteurs et l’ensemble de la filière ont réagi rapidement en recherchant de nouveaux débouchés. La grande distribution a privilégié l’origine France afin de soutenir l’agriculture nationale. Les importations ont alors chuté de 25 % sur le mois de mars par rapport à 2019. Le cours de la fraise a pu repartir à la hausse en avril avec + 15 % par rapport à l’année 2019.

Autre problème pour la filière : le recrutement des ramasseurs. Après la mi-mars et les mesures sanitaires mises en place à cause du Covid-19, les travailleurs saisonniers étrangers étaient dans l’incapacité d’arriver sur place. « Une main-d’œuvre locale est recrutée […], mais moins compétente et moins productive, estime Agreste. Les cueillettes sont de moins bonne qualité et les coûts de production augmentent. » Malgré l’assouplissement des règles de passage aux frontières, la fin de la saison reste incertaine avec cette main-d’œuvre étrangère qui continue parfois de manquer à l’appel.

À lire aussi : Les saisonniers étrangers reviennent sous conditions (26/05/2020)

R. Borget