« En décembre 2021, les tendances sont majoritairement en hausse. Seuls les secteurs en déficit pluviométrique durant décembre observent encore des niveaux en baisse ou stables : Alsace sud, régions montpelliéraine et nîmoise, Provence et Côte d’Azur », informe le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans son bulletin de situation hydrogéologique au 1er janvier 2022, paru le 13 janvier 2021.

À partir d’octobre 2021

La période de recharge a débuté en octobre 2021 dans le sud-est du territoire. « Les précipitations abondantes ont même permis d’amorcer la recharge sur les nappes inertielles plio-quaternaires et miocènes du couloir Rhône Saône, ajoute le BRGM. La recharge s’est ensuite généralisée à l’ensemble du territoire courant novembre pour les nappes réactives et courant décembre pour les nappes inertielles du Bassin parisien. »

Sur la moitié nord, la situation des nappes s’est légèrement dégradée entre octobre, novembre et décembre, du fait d’une recharge de faible intensité. Du bassin aquitain au couloir Rhône Saône, après une recharge inférieure à la normale en novembre, la situation s’est améliorée en décembre du fait de pluies efficaces nettement excédentaires. Les nappes demeurent à des niveaux satisfaisants en décembre, de modérément bas à hauts.

Au sud, la situation est restée fragile durant une grande partie de l’été sur les nappes réactives du littoral méditerranéen, de Corse, de l’Adour et du Gave du Pau. Les apports pluviométriques de septembre à décembre ont permis d’améliorer l’état de ces nappes. Leur niveau revient progressivement à la normale.

Des niveaux hauts…

Ainsi, plusieurs nappes présentent des situations favorables, avec des niveaux modérément hauts à hauts par rapport aux mois de décembre des années antérieures :

  • Les niveaux de la nappe inertielle de la craie du bassin Artois Picardie restent modérément hauts, malgré un début de recharge peu intense ;
  • Les nappes des calcaires jurassiques du Bessin et du Berry, dont les niveaux sont modérément hauts, ont réagi rapidement aux pluies efficaces de décembre ;
  • Les nappes alluviales de la Garonne, de la Dordogne ont observé un étiage peu sévère et conservent des niveaux modérément hauts à hauts ;
  • Les nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau, dont la situation est restée fragile tout l’été, ont bénéficié d’un début de recharge excédentaire et affichent des niveaux modérément hauts.

… à modérément bas

Certaines nappes montrent des situations moins favorables, avec des niveaux modérément bas, voire localement bas à très bas par rapport à tous les mois de décembre :

  • Les nappes des calcaires jurassiques de la Vendée, du Périgord et du bassin angoumois observent des niveaux localement bas, la recharge de décembre n’ayant pas permis de compenser les déficits des mois précédents ;
  • La nappe de la molasse miocène du Bas-Dauphiné observe des niveaux hauts en Valloire mais bas sur la plaine de Valence et très bas dans les collines drômoises ;
  • Les nappes des formations calcaires et alluvions de Provence enregistrent des niveaux localement très bas sur la Durance moyenne et amont.

Tendances à venir

Compte tenu des précipitations et des épisodes de fonte de neige relevés sur la première décade de janvier 2022, la recharge devrait se poursuivre sur l’ensemble des nappes en janvier. « La situation devra être particulièrement surveillée sur les nappes du sud-est de la France et du nord du bassin aquitain », estime le BRGM.

Céline Fricotté