À l’occasion de la journée européenne de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait), le mercredi 12 octobre 2022, éleveurs et représentants de filière laitière française étaient présents pour échanger autour des politiques européennes actuelles et notamment des enjeux du Green Deal.

« L’élevage porte des externalités positives qu’il faut défendre » 

Pour discuter des réglementations en cours et à venir, Carlos Martin Ovilo, représentant du pôle DG Agri de la Commission européenne, a répondu à l'invitation de la FNPL.

Lors de son intervention, le député a expliqué que les réglementations européennes mises en place ont pour objectif de répondre aux enjeux environnementaux (réduction des émissions nettes), sociétaux (lutter contre l’« agribashing » et la diminution observée de la consommation de viande et de produits animaux) et de bien-être animal.

Pour lui, tout l’enjeu est de replacer l’agriculture dans la politique européenne actuelle pour se pencher sur les questions de durabilité en élevage et de transition. « L’agriculture et l’élevage portent des externalités positives qu’il faut défendre », souligne Carlos Martin Ovilo tout en précisant le rôle essentiel de l’agriculture (alimentation, emploi…)

Le déclin des exploitations laitières au cœur du débat

Néanmoins, parmi les sujets évoqués, celui de la décapitalisation du cheptel a focalisé l’attention des participants dans la salle. Les éleveurs s’inquiètent en effet de la solution de la Commission européenne de réduire la taille des cheptels afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour eux, les mesures réglementaires prises par la Commission, telle que la directive sur les émissions industrielles (directive IED), ne permettent pas de les protéger.

« Si ça continue, il n’y aura plus d’élevage en France », souligne une éleveuse de vaches laitières en Normandie, présente dans la salle. Rappelant que seule une exploitation laitière sur trois est reprise à l’heure actuelle, l’éleveuse ne cache pas ses inquiétudes quant aux difficultés de transmission que connaissent les élevages laitiers français.

Opinion partagée par plusieurs autres éleveurs laitiers dans la salle qui s’inquiètent des réglementations européennes actuelles et à venir. Selon eux, ces réglementations ne font que renforcer la décapitalisation des cheptels et des exploitations.

En effet, pour l’éleveuse normande, la faible rémunération et la pénibilité du travail font que les agriculteurs désertent les exploitations laitières au profit des cultures céréalières notamment.

© Laurine Mongenier/GFA - Discussion autour des enjeux du Green Deal européen, en présence de Carlos Martin Ovilo (représentant de la Commission européenne, DG Agri), Thierry Roquefeuil (président de la FNPL) et Stéphane Joandel (FNPL).

Face à ces inquiétudes, Carlos Martin Ovilo rétorque que la politique européenne ne vise pas la réduction des cheptels et que cette solution n’est proposée que dans certains cas spécifiques, comme aux Pays-Bas par exemple. Il n’a néanmoins pas apporté de réponse concrète quant aux mesures que la Commission souhaite mettre en place ce qui n’a pas rassuré les participants dans la salle.

Pour le président de la FNPL, Thierry Roquefeuil, il faut faire attention à ne pas mettre tous les pays au même niveau. Il explique que le modèle français fait plutôt figure d’exemple, notamment dans sa gestion des exploitations durant la période des quotas laitiers.