Fruit de deux années de travail, l’Ademe (Agence de la transition écologique) a dévoilé ses 4 scénarios pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, le 30 novembre 2021. Une projection qui répond à l’objectif européen de réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.

L’agriculture française devra s’adapter

« La neutralité carbone n’est pas qu’un sujet énergétique, a souligné Arnaud Leroy, président-directeur général de l’Ademe, en introduction. On aborde les puits de carbone naturels et technologiques avec un vrai enjeu d’adaptation de l’agriculture française. »

« L’adaptation de l’agriculture française est nécessaire pour lutter contre le réchauffement climatique », a rappelé David Marchal, directeur exécutif adjoint de l’expertise et des programmes à l’Ademe.

Dans les quatre scénarios élaborés par l’Ademe, les modes de consommation, les régimes alimentaires et la production de biomasse pour la production de biogaz et de biocarburant sont pris en compte. La réduction de la consommation d’eau d’irrigation et de l’usage de produits phytosanitaires est également l’un des leviers proposé dans les simulations de l’Ademe.

Quatre possibilités d’évolution d’ici à 2050

L’Ademe propose quatre scénarios :

  • La société frugale : Ce scénario dit « de sobriété » permet de diviser par deux la demande énergétique globale et économise 42 Mtéq CO2. Dans cette optique, la consommation de viande est divisée par deux, l’alimentation est à 70 % bio, davantage locale et de saison ;
  • Les coopérations territoriales : Ce scénario à la consommation plus mesurée permet de diviser par deux la demande énergétique et d’économiser 28 MtéqCO2. La consommation en viande est divisée par deux, tandis que la moitié de l’alimentation est issue de l’agriculture biologique ;
  • Les technologies vertes : Ce scénario se dirige vers plus de nouvelles technologies et d’innovations. La consommation en bio augmente de 30 %, tandis que l’alimentation carnée diminue de 30 %. Les filières agroalimentaires deviennent plus performantes. Les cultures énergétiques sont utilisées pour la production de biogaz ou de biocarburants. La consommation énergétique diminue de 40 % et 9 MtéqCO2 sont économisés ;
  • Le pari réparateur : Les régimes alimentaires varient peu par rapport à aujourd’hui. La consommation en viande chute de 10 %, tandis que se développent la viande de synthèse ou la consommation humaine d’insectes. Les trois quarts de la biomasse non-alimentaire sont valorisés énergétiquement. Dans ce scénario, seul 1 MtéqCO2 est économisé et la consommation énergétique chute de 23 %.

Prévue pour mars prochain, l’Ademe prépare une analyse macroéconomique de ces quatre scénarios. Une déclinaison pour l’Outre-mer est également attendue.

Alessandra Gambarini